Pourquoi moi j’y vais

La fraternité chante a cappellaIl y a de bonnes raisons de ne pas se joindre à la manifestation ce dimanche. La récupération politique en est une (et oui, elle est déjà très berk, celle-là). Luz nous donne plein de raisons et nous explique à quel point cette manifestation est un non-hommage à Charlie Hebdo.

Soyons honnête, je n’y vais pas pour rendre hommage à Charlie Hebdo. J’en ai déjà parlé hier, je ne lis pas Charlie Hebdo, je ne connaissais les victimes au mieux que par leur renommée ou pas du tout. Aller à la manifestation demain n’est pas un moyen pour moi de soutenir leurs proches.

Ce qu’il y a, c’est que ce qui se passe cette semaine n’est pas à propos de Charlie Hebdo et que Charlie Hebdo est devenu un symbole. C’est ce que les gens mettent derrière ce symbole qui à motivé beaucoup de nos réactions et notre envie de nous réunir dimanche.

Je vais aller manifester parce que :

  • je veux apporter ma voix pour la liberté d’expression ;
  • je veux monter un front farouche contre la peur ;
  • je veux m’unir à cet élan – aussi court soit-il et justement parce qu’il sera court.

Mais en vérité, si j’y vais, c’est parce que j’en ai besoin."Not afraid"

Sauf erreur de ma part, la photo est de @TimOBrien.
La chanson de Grand Corps Malade : #JeSuisCharlie

Charlie Hebdo et 7 janvier, réaction à tiède

Je n’ai jamais lu Charlie Hebdo et n’ai jamais été tentée de le faire. J’ai plusieurs fois été choquée par leurs dessins et n’ai jamais accroché au « trait ».
Je n’achèterai pas plus Charlie Hebdo à l’avenir (ou le prochain numéro peut-être, pour l’émotion).

Mais je suis révoltée par ce qui c’est passé ce mercredi 07 janvier.
Soyons honnête, pas forcément parce que des gens sont morts (cela arrive tous les jours). Pas beaucoup plus parce qu’ils étaient connus (cela aussi arrive souvent et ne soulève pas chez moi tant d’émotion). Par contre, par leur ton et leur discours, ils représentaient une certaine liberté ; et là, ça commence à ne plus être la même chose.
Mais, en vérité, si je suis révoltée, c’est parce qu’on l’ont essaye de faire taire la liberté d’expression par la peur.

Certains doutent qu’il s’agisse de liberté d’expression (ça me laisse pantoise). Alors voilà :

  • Ils faisaient des dessins qui déplaisaient à certains.
  • Parmi les gens à qui ça déplaisait, certains ont estimé que faire un dessin (une expression en fait) qui leur déplaisait méritait la mort.
  • Mettre la menace à exécution, ce n’est pas que « punir » les auteurs et ça n’est certainement pas « réparer » (le dessin est publié depuis longtemps et ça n’y changera rien).
    Mettre la menace à exécution, c’est aussi dire au prochain : « Tu ne fais pas des dessins qui me déplaisent, tu ne t’exprimes pas dans un sens qui me déplait sinon je te tue. »
    Ils tentent d’instaurer un climat de peur de leurs représailles. Ils tentent de museler, d’amener à l’auto-censure par crainte de leur déplaire.
    Si nous en venions à craindre de nous exprimer librement, la liberté d’expression serait en berne. C’est bien elle qui est menacée !

Au milieu de toute cette émotion, de toutes ces réactions, il y a des choses que je veux retenir, qu’il me semble important de pointer du doigt.
Alors voici en vrac :

  • Je ne vais pas regarder les messages haineux, débiles et autres réjouissances. Je ne vois pas l’intérêt d’aller regarder la merde et je ne comprends pas les gens qui le font. Il y a des choses plus constructives à faire.
  • Je me suis réjouis, par contre, ces derniers jours, d’avoir mon fil Twitter à suivre. Étant en vacances, c’est avec Twitter que j’ai le plus partagé ce moment. Comme on choisi les gens qu’on suit, on a une timeline qui nous ressemble. La mienne m’a fait du bien.

Les choses importantes maintenant :

  • Cet attentat a été l’occasion de rappeler que des attentats sont déjoués régulièrement. Méfions-nous des raccourcis faciles qui pourraient amener à augmenter la surveillance des citoyens, légitimer la fouille dans nos vies privées, etc. (Bon, je balaye là de manière bien sommaire un sujet complexe !)

 

  • Ça m’attriste au plus haut point de devoir aborder cette évidence mais : il n’y a aucun rapport entre ces terroristes et les musulmans. Ce n’est pas parce qu’ils se réclament de l’islam que l’islam se réclame d’eux ! Je vous en conjure, faites taire le moindre début de doute et de « Oui mais quand même, il faut bien dire » ; ne laissez pas ce discours-là passer !
    "Ceci n'est pas une religion"
    Un aparté pour les musulmans : sachez que vous avez tout mon soutient dans un moment où certains d’entre-vous vont devoir subir des idiots ; la moindre petite attaque à votre égard dans ce contexte serait aussi violente qu’injuste. Vraiment, tout mon soutient.
  • Je suis bienheureuse des réactions spontanées : nous sommes un peuple capable de réagir quand ça va trop loin, de nous unir et de résister à la haine, la peur et la bêtise.
    "Ils voulaient mettre la France à genoux, ils l'ont mise debout."

 

L’ai-je dis ?

  • Ne cédons pas à la peur.
  • Continuons à laisser parler tout le monde, même quand ça nous gène.
  • Pas d’amalgame.

 

D’autres font de bien meilleurs billets que le mien ; voir :
Petite guide de santé mentale pour survire aux terroristes, politiciens et repas de famille.

Si la première image est de Boulet et la dernière une copie d’écran d’un tweet de @dijibe, je ne sais pas à qui l’ont doit « Ceci n’est pas une religion. »

Je poste d’autres images qui m’ont marquée sur Pinterest.

24 jours de web

24joursdeweb2014

Vous connaissez 24ways.org ? Et son équivalent français, 24 jours de web ?

Depuis 2012, Rémi Parmentier propose un calendrier de l’avent proposant tous les jours un article sur le web. Mais surtout, car tout ça c’est autour de Noël, le but est de récolter des sous pour une association caritative.

Cette année, l’association bénéficiaire est Un Pas Vers la Vie qui aide les parents d’enfants autistes.

En plus, pour tout don supérieur ou égal à 15 €, Eyrolles et Temesis offrent quatre livres électroniques.
Donc, pour 15 €, vous avez :

Vous vous sentez généreux ? À partir de 50 € de don, Temesis vous offre la version papier du livre Qualité Web (offre valable pour les cinq premiers).

Cette année, j’ai eu l’honneur de participer en écrivant un article qui cherche à placer le curseur entre les idéaux à poursuivre, en tant que travailleurs du web, et la réalité du quotidien à gérer : Travailleurs du web, éthiques ET pragmatiques.

Allez le lire ; allez donner des sous ! ;P
cite-ideale-urbino

La mignonne illustration de 24 jours de web est de Mickaël Merley.
(Je ne qualifierai pas l’image ci-dessus de mignonne, mais je signale tout de même qu’il s’agit de La Cité idéale (Urbino) et que son attribution est incertaine.)

Projet communautaire pour enseigner le front (et le reste) – Bilan personnel de l’atelier de lancement

Le mois dernier, j’ai co-animé avec Rémi un atelier à Paris Web au nom bien bien long : « Construire ensemble un enseignement du front-end pertinent, pédagogique et pérenne ».

Comme cette session faisait suite à un débat ayant eu lieu à Sud Web (2), nous avions déjà des convictions sur lesquelles nous baser :

  • Cet enseignement ne peut se faire qu’en transmettant la culture générale du web et ses grands principes.
  • Il faut rapidement être concret et faire des exercices pratiques pour ne pas perdre l’intérêt des étudiants.
  • Il s’agit plus d’apprendre à apprendre que de donner un enseignement dogmatique qui sera vite obsolète.

L’atelier à Paris Web nous a donc essentiellement servi à proposer et mettre la l’épreuve la méthodologie que nous avions imaginée pour servir cette direction : des fiches suivant un gabarit où une problématique « terrain » organisées en trois temps :

  1. une demande comme extraite d’un brief ou d’une spécification,
  2. un temps de recherche et de propositions,
  3. une modification dans la demande (on a dit que c’était « terrain » 😉 ).

C’est avec plaisir que nous avons constaté que « ça a pris ». La quarantaine de participants – parmi lesquels des enseignants à temps-plein ou partiel et trois étudiants – a joué le jeu et a eu l’air d’adhérer. Nous avons eu des retours enthousiastes à la fin de l’heure et demie et ça fait vraiment plaisir.

Matthieu est « chaud bouillant », Boris a très envie de s’impliquer dans la suite et ils ne sont pas les seuls à nous avoir fait part de leur adhésion. (2)

Et tant mieux ! Car un atelier comme celui-ci n’est que le lancement d’un projet. S’il ne se passe rien derrière, c’est « raté » (comprendre, c’est une expérience pour une tentative future).

La suite se passe sur GitHub : http://traindrop.github.io/
(lien mis à jour le 26/04/15)

Tout est à faire :

  • Assoir la méthode de contribution ;
  • Bien se positionner par rapport à d’autres projets similaires ;
  • Trouver un nom plus sexy 😉 et faire une jolie page de présentation (Y a-t-il un graphiste dans la salle ?) ;
  • Et bien sûr : décliner les fiches (c’est-à-dire que la communauté s’empare du projet et décline des fiches) !

Mais mon premier bilan est positif car la réception que notre audience m’a fait bien plaisir. Merci.

Vivement la suite donc !

(1) « Élaboratoire » improvisé en mai 2014 avec Romy et Rémi. Je vous invite à voir les différents comptes-rendus listés sur la page Lanyrd.
(2) Vous êtes plusieurs à vous être manifestés pour être tenus au courant de la suite ; je ne vous oublie pas 😉
Crédit photo : Fred Mayor

Construire ensemble un enseignement du front-end pertinent, pédagogique et pérenne – Paris Web 2014

Avec Rémi Parmentier
Atelier, 1 h 30
Paris Web, octobre 2014

Un atelier-débat improvisé à Sud web en mai 2014 a permis de lister quelques pistes sur l’enseignement du développement front-end. Parmi ces pistes, la difficulté de la pédagogie et le manque d’outils sont ressortis. Il s’agit en effet de bien transmettre les principes et les spécificités du média (plus que la technique, peu complexe en définitive) sans lasser, sans assomer, sans braquer ou encore donner l’impression de couper les cheveux en quatre.

Nous vous proposons de concevoir ensemble des fiches pédagogiques qui permettraient :

  • aux étudiants d’avoir un projet ou un cas concret avec un problème clair à résoudre.
  • à l’enseignant de distiller les grands principes du web petit à petit à travers ces cas concrets, et pas présentés de manière théorique.

Le tout sera mis à la disposition de tous sur GitHub.

Aux experts de l’accessibilité fatigués

Vous n’êtes pas en charge de la prise en compte de l’accessibilité en France ; vous y avez contribué. C’est différent.
Vous avez œuvré pour en faire comprendre les enjeux, fourni des outils pour faciliter son intégration, transmis vos connaissances – et souvent votre enthousiasme.
Personne n’aurait de légitimité à vous reprocher d’arrêter. Pas même vous ; ce n’est pas un abandon, c’est un passage de relais.

Donc, si vous êtes usés, déçus ou que vous avez juste envie de passer à autre chose, recevez, via ce billet, mes humbles remerciements pour ce que vous avez fait pour l’accessibilité et tous mes vœux d’épanouissement dans votre nouvelle voie.

Ne vous inquiétez pas de la suite : certains ont déjà commencé à marcher dans vos pas ; je les vois. Et c’est ça aussi votre succès.

(Ce blog n’a pas une grosse audience mais si parmi les lecteurs certains se reconnaissent dans la relève (en gros, le sujet de l’accessibilité vous intéresse de plus en plus), je vous invite à vous manifester dans les commentaires. Ça nous fera plaisir de vous voir.)

Illustrations autour de l’accessibilité numérique

Ce n’est pas grand chose, mais ça m’a été utile et ça peut en aider d’autres. Voici quelques dessins qui servent à illustrer des idées autour de l’accessibilité numérique.

J’en ai eu besoin lors d’une conférence introductive (1) à la première session de Accessiday, journée consacrée à l’accessibilité numérique.

Les dessins que j’ai fais pour illustrer mes propos ont beaucoup plus et certains m’ont dit qu’ils pourraient en avoir besoin. Les voici donc à disposition ; ils sont en effet distribués sous licence CC BY-SA 3.0 FR.

Handicap vs. déficience

Un personnage en fauteuil roulant. Il souffre d'une déficience physique (permanente ou temporaire) à laquelle il pallie par le truchement d'un fauteuil roulant.
Un personnage en fauteuil roulant. Il souffre d’une déficience physique (permanente ou temporaire) à laquelle il pallie par le truchement d’un fauteuil roulant.
Un personnage en fauteuil roulant en haut d'un escalier. Il est en situation de handicap.
Un personnage en fauteuil roulant en haut d’un escalier. Il est en situation de handicap.
Un personnage en fauteuil roulant face à sa table de travail. Il n'est pas en situation de handicap.
Un personnage en fauteuil roulant face à sa table de travail. Il n’est pas en situation de handicap.

Aide technique – Le lecteur vocal

Un personnage aveugle face à un écran d'ordinateur. Il ne peut pas consulter le contenu.
Un personnage aveugle face à un écran d’ordinateur. Il ne peut pas consulter le contenu.
Un personnage aveugle face à un écran d'ordinateur. Par le truchement d'une aide technique -ici un lecteur vocal- il peut consulter le contenu.
Un personnage aveugle face à un écran d’ordinateur. Par le truchement d’une aide technique -ici un lecteur vocal- il peut consulter le contenu.

Aide technique – Les lunettes

Un personnage avec une mauvaise vue face à un écran d'ordinateur. Il n'arrive pas à lire le contenu.
Un personnage avec une mauvaise vue face à un écran d’ordinateur. Il n’arrive pas à lire le contenu.
Un personnage avec une mauvaise vue face à un écran d'ordinateur. Par le truchement d'une aide technique -ici une paire de lunettes- il peut consulter le contenu.
Un personnage avec une mauvaise vue face à un écran d’ordinateur. Par le truchement d’une aide technique -ici une paire de lunettes- il peut consulter le contenu.

Contexte – L’ensoleillement

Un personnage consulte son mobile. Bien que le texte soit peu contrasté, le personnage n'est pas gêné.
Un personnage consulte son mobile. Bien que le texte soit peu contrasté, le personnage n’est pas gêné.
Un personnage consulte son mobile en plein soleil. Le manque de contraste des textes sur l'écran ne lui permet pas de lire.
Un personnage consulte son mobile en plein soleil. Le manque de contraste des textes sur l’écran ne lui permet pas de lire.
Un personnage consulte son mobile en plein soleil. Le fort contraste des textes sur l'écran lui permet de lire facilement.
Un personnage consulte son mobile en plein soleil. Le fort contraste des textes sur l’écran lui permet de lire facilement.

Le daltonien

Un daltonien ne perçoit pas les couleurs correctement.
Un daltonien ne perçoit pas les couleurs correctement.

Si vous utilisez ces dessins, j’en serais ravie ! Signalez-le moi via les commentaires 😉

Notes :

(1) Conférence  » Accessibilité numérique, mais au fait de quoi on parle ? » Retour

À propos : Si vous aussi vous voulez faire des croquis, je vous conseille d’aller faire un tour chez Eva-Lotta Lamm