Mes conférences chouchous à Paris Web 2013

NB : Retrouvez toutes ces conférences – résumé, diaporama et vidéos dès que disponibles – dans le programme de Paris Web 2013.

La folle journée, ou les fourberies d’un projet

Par Julien Dubedout, Florian Boudot et Christophe Andrieu

Vous allez me dire : « Comme tout le monde ! ».
Cette conférence n’était pas seulement une réussite parce qu’elle était très drôle. C’est avant tout une excellente conférence parce qu’en même temps d’être caricaturale, elle était très juste.

Elle faisait autant de mal que de bien ; une très bonne catharsis.

Je code donc je teste…

Par Cyril Balit

Sûrement parce qu’on touche au domaine de la qualité. Mais aussi parce que Cyril sait remettre les choses à leur place et montrer que faire bien peut être pris en compte simplement.

Théorie du flow et webdocumentaires

Par Florent Maurin

J’ai découvert cet état de flow et ai trouvé ça très intéressant. Si Florent Maurin nous le présentait ça dans un contexte « stratégique » pour inciter à la lecture de webdocumentaires, je me suis promis de garder ça en tête aussi pour le développement personnel, la formation et la documentation (« If you want them to RTFM, make a good FM! »)

La rencontre entre hacktivisme et sociétés civiles, un enjeu pour les libertés numériques

Par Amaëlle Guiton

Un énorme coup de cœur ! Merci à Paris-Web d’avoir retenu ce sujet pour son programme !

Amaëlle nous a présenté une étude richement documentée qui nous donne toutes les billes nécessaires pour expliquer l’hacktivisme à ma grand-mère (ça va la passionner !).

…Ok, j’avoue, c’est à moi d’abord que ça va servir ! j’ai des choses à rattraper sur ce sujet.

(J’en reparle dans Internet et société : la responsabilité des professionnels)

Un bon design n’est pas beau !

Par Sébastien Desbenoit

D’abord, pour les qualités d’orateur de Sébastien (Sébastien ne présente pas une conférence, il présente un spectacle (sérieux, certes) ; c’est autant de travail en plus pour lui, autant de plaisir et de fluidité de notre côté.)

Mais également pour l’angle pris par un designer sur comment il faut appréhender le beau dans le design. Et pour la remise en question. (Feinte ? Je suis sûre qu’il le savait déjà depuis bien longtemps 😉 !)

Vers une nouvelle éthique

Par Xavier Mouton-Dubosc

Tout comme pour la conférence d’Amaëlle, je suis ravie de voir à Paris Web une conférence nous parlant de notre responsabilité face à nos contemporains au sujet de notre média. Je suis loin de faire figure de bonne élève : je ne saurais rien expliquer à un tiers, je suis loin de maîtriser le sujet mais je prends de plus en plus conscience que je dois être parfaitement renseignée et expliquer, vulgariser, partager. Merci Xavier de ce rappel à l’ordre 🙂

(J’en reparle dans Internet et société : la responsabilité des professionnels)

Keep calm and carry on

Par Lou Schwartz

J’ai forcément été séduite par le côté humain de cette conférence. Mais également touchée par l’entêtement de Lou à vouloir aider cette jeune fille (ou sa boite ? être bien, produire bien, tout ça 😛 !)

Enfin et surtout, j’ai adoré les idées mises en place pour permettre à quelqu’un de rendre concrètes des considérations sur sa propre personne alors qu’elle avait du mal à le faire. J’espère que je garderai ça en tête et que, moi aussi, je penserai à l’avenir à utiliser les Lego, les schémas heuristiques et les graphes.

Esthétique et pratique du Web qui rouille

Par Olivier Thereaux et Karl Dubost

Là encore, je crois que j’ai aimé que l’on prenne du recul à propos de notre support et qu’on se pose des questions par rapport à nos responsabilités qui dépassent largement celle de faire un bon site web à un client et ce parce qu’Internet est bien plus qu’un support commercial ! Ne l’oublions pas.

(Je l’évoque dans Internet et société : la responsabilité des professionnels)

Bureau des plaintes des standards

Par Robin Berjon (informelle)

Parce que c’est une excellente idée, je trouve, de la part de Robin. Et également parce que je crois savoir que, malgré une envie partagée des deux côtés – j’en suis sûre, le dialogue entre le W3C et les développeurs manque encore de densité.

Merci Robin. Encore !

Designing with Sensors: Creating Adaptive Experiences

Par Avi Itzkovitch

Parce qu’il ne faut pas oublier, tous responsables et sensibilisés que nous sommes, de continuer à s’enthousiasmer par ce que la technique peut et va pouvoir nous permettre de faire.

N’ayons pas peur des usages : soyons vigilants, pédagogiques et évangélisons !

(J’en reparle dans Internet et société : la responsabilité des professionnels)

Mobile et accessibilité, une partie à Troie

Par Goulven Champenois

Parce que j’ai toujours pensé que le référencement pouvait être un cheval de Troie pour l’accessibilité et que ça m’a fait plaisir de voir cette idée réutilisée – en mieux ! – avec le mobile.

Et parce que c’était très pertinent et que tout ce qui peut servir l’argumentation pour l’accessibilité est à accueillir à bras ouverts !

Le ticket 3057

Par Thomas Zilliox (Lightning Talk)

Parce que c’était très drôle. Parce que c’est une petite partie de l’histoire d’Internet. Parce que c’est symptomatique et représentatif de certains aspects d’Internet. Tiens, un sociologue devrait se saisir du même sujet ! (Il y a un sociologue dans l’assistance ?)

Explorer le système solaire en 4 minutes !

Par David Catuhe (Lightning Talk)

Moi, je voulais que David Catuhe gagne les Lightnings ! …Parce que quand même, il a mis fin au plus vieux débat du monde : on sait enfin, de manière sûre puisque David l’a montrée pas à pas, comment l’univers à été créé. Ce n’est pas rien !

Et puis il a allié technique (comme tous), humour (comme quasiment tous), performance (comme beaucoup) et …poésie (comme aucun autre) ! 😛

Développons notre efficacité !

Par Teddy Marie-Luce

De manière très ironique, je liste dans mes chouchous un atelier auquel je n’ai pas assisté (!) parce que j’en suis sortie au bout de 2 minutes (re !)
Un manque de compréhension de ma part et je suis partie vers un autre atelier qui n’était pas du tout de la vulgarisation comme je l’avais imaginé.

Je me suis rattrapée à une pause en demandant à Teddy de me raconter ce que j’avais raté ; ce qu’il a très gentiment fait.

Et j’ai été fort triste d’avoir raté un atelier autour du développement personnel qui aidait à passer outre une partie de nos difficultés.

Après la macro, la micro !

Par Vincent Valentin

J’aurais bien dit que j’ai aimé cet atelier simplement parce qu’il parlait de typographie (ce qui me suffit). Ou encore en particulier de micro-typographie (qui est un sujet encore plus fun, n’est-ce pas ?)

Mais en plus, il était animé par Vincent Valentin que je soupçonne d’ignorer à quel point il est drôle (oui, parce qu’il y en a marre de lui dire à quel point il est talentueux ! tout le monde lui dit déjà !) ;p

Mes autres billets sur Paris Web 2013 :
Pour ma propre conférence, voir le résumé sur w3qualité.
Merci à Franck Paul pour ses photos (cliquez dessus pour voir les originales).

MS TechDays 2012

Bon, si vous êtes aux Microsoft TechDays la semaine prochaine, faites-moi signe : j’y serai aussi.

J’ai eu du mal à me faire mon programme : il y avait parfois plusieurs conférences en même temps qui m’intéressait.

Je suis à peu près sûre d’aller voir :

  • Des conférences autour de HTML5 et CSS3 (celle de Raphaël Goetter ? celle de David Rousset ?) parce que depuis que je ne suis plus intégratrice, il faut bien dire ce qui est, je ne suis pas complétement à jour !
  • Au moins une conférence sur « METRO« , l’interface que l’on retrouve sur Windows Mobile mais aussi sur ma Kinect, sur les sites MS, etc.
    Je l’ai découverte sur ma Kinect*, donc, et je l’ai trouvée plutôt agréable, simple et intuitive.
    * Je vous ai dit que j’ai eu une Kinect à Noël ?
  • Une conférence sur l’expérience utilisateur qui a l’air de tout reprendre (en une heure !)
  • Au moins une session où sera présentée une application développée par ma nouvelle boîte avec plein de HTML5 et de CSS3 dedans.
  • Et une conférence sur l’accessibilité de HTML5, par Aurélien Levy + le retour d’expérience de Thibault Lanssade sur la prise de conscience autour de l’accessibilité par une agence web …ben la mienne 🙂

Voilà. Je ne sais pas si j’arriverais à tout voir car, d’expérience, c’est bruyant et épuisant et il y a toujours un moment où on (se) laisse simplement tomber.

Alors ? qui j’y verrai ?

L’UX et la marque – UX Paris

Avant-hier, j’étais à ma deuxième conférence UX Paris.
UX Paris est une initiative bénévole ayant pour but de faire connaître l’UX (c’est-à-dire l’expérience utilisateur) en France et favoriser les échanges autour du sujet.

La première que j’avais vu était sur le Design Thinking (par Benjamin Servet). Mais avant-hier, le sujet était sur les relations entre l’expérience utilisateur et la marque (15 février 2011 : Rémy Bourganel sur l’UX et la marque).

L'UX et la marque

Le propos était de montrer que les réflexions des concepteurs et designers doivent fortement prendre en compte la marque, son image, son ADN.

La conférence était fortement conceptuelle et j’avoue être restée parfois un peu sur le bord de la route. Néanmoins, Rémy Bourganel (R&D chez Orange et enseignant aux Arts Déco) nous amenait à penser les usages avec un œil neuf, à imaginer les interfaces enrichies de ponts entre les marques, les terminaux, etc. en ayant toujours en tête ce qui fait l’identité de la marque et comment, à partir de cette identité, présenter des nouvelles expériences. Quelques exemples en vrac ?

  • imaginez un partenariat entre une enseigne de sport familiale et une société d’assurance : une application à porter sur soi enverrait des infos sur notre activité sportive et la société d’assurance adapterait ses tarifs en fonction.
  • imaginez envoyer un « gong » avec géolocalisation et un message « Je pense à toi » à la place de la traditionnelle carte postale
  • imaginez une interface représentant votre cercle d’amis sous forme de personnages répartis dans un paysage en fonction de votre degré d’interaction avec eux. Les personnages se manifestant de différentes façon quand ils sont porteur d’un ou plusieurs SMS, messages vocal, etc.
    (prototypé chez Nokia, une version a été commercialisée l’année dernière en Asie)

Le but étant de présenter une expérience plus riche et plus structurante dans la relation usager/marque que la traditionnelle petite histoire de 30′ secondes pendant la coupure pub de la télé.

Ce type de démarche nécessite bien-sûr un fort investissement (temps, énergie, argent, disponibilité) en R&D. La multiplication de prototypage est un facteur constructif dans cette démarche mais cela ne doit pas être le seul axe.
Apple, par exemple, fait énormément de prototypage mais regarde également ce qui se fait ailleurs et rachète les innovations qui peuvent les intéresser et qui corresponde à leur identité, à ce qu’ils veulent véhiculer de leur image.

Voilà ce que j’ai pu en ressortir. La conférence, de ce que j’ai pu en voir, a eu un franc succès.

Photo : mauricesvay (CC BY-SA 2.0)

Design Thinking – UX Paris

benjamin-servetDesign Thinking
Benjamin Servet – nealite
UX Paris – 24 novembre 2010

UX Paris est une initiative bénévole dont la vocation s’anime autour de la démarche centrée utilisateur. Entres-autres choses, UX Paris organise des conférences et celle du 24 novembre 2010, sponsorisée par Paris-Web, portait sur le Design Thinking.

A cette occasion, Benjamin Servet de l’agence nealite, est venu présenter sa vision du Design Thinking.
La méthodologie étant facilement trouvable dans les livres, Benjamin Servet a voulu se concentrer plutôt sur la présentation des principes importants :

  • La culture à insuffler
  • Brainstorming et observation
  • Prototype et tests

Définition

Définir Design Thinking n’était pas l’objet de la conférence et, quand la question de la traduction du terme a été posé, Benjamin Servet a avoué n’avoir pas su trouver de moyen de le traduire en français.

Benjamin a notamment rappelé que le terme « design » ne fait pas référence à l’artistique et qu’on pourrait plutôt le voir dans le sens de « dessein« . Le design est en fait apparu avec l’industrialisation dès lors qu’il fallait concevoir ou accompagner un produit, quel qu’il soit (objet, mise en page, etc.)

Le design thinking, c’est plus un groupe, une culture commune qu’une esthétique. Le hasard et l’expérimental y sont favorisés et le tout est centré sur l’expérience utilisateur. Cette réflexion globale (fonctionnelle et esthétique) est présente à chaque étape de la conception.

Design Thinking sur Wikipédia

Historique

D’abord, un web consultatif, puis, autour de ce qu’on a appelé le web 2.0, un web participatif.
Maintenant, le web se conçoit dans la mobilité (partout, tout le temps).

En parallèle, les attendes des utilisateurs ont donc changés. Dans la catégorie « besoin », il y a l’info et le produit. C’est avec la catégorie des « plus » qu’un annonceur pourra faire une différence :  sur les services et l’expérience.
Cette différenciation en enrichissant services et expérience doit se faire en parallèle d’un univers de plus en plus complexe : le client-annonceur ne sait plus ce qu’il doit faire avec les réseaux sociaux et la multiplicité des plateformes.

Méthodologie

C’est une méthodologie du collectif et du collaboratif : les équipes doivent être multi-disciplinaires.

Tout comme dans le théâtre classique, elle répond à la règle « unité de lieu, de temps, d’action« .
Une pièce unique est consacrée au projet. Tous les livrables (post-it, brouillon, idées) y sont accrochés en permanence et à disposition de chaque membre de l’équipe. Le tout est « à plat » (et non, comme sur un ordinateur, consultable élément par élément).
Le temps est prédéfini et doit contribuer à la notion d’urgence. Il n’y a pas de travail en cascade (chaque spécialité après l’autre) mais une action commune pour garantir l’energie de l’ensemble et l’unité.

Conseils

« Arrêtez de faire des « produits » ».
Les équipes sont compartimentées et chacun fait son application iPhone – par exemple – de son côté.
Il en découle un manque de fluidité entre les appli, par exemple.

Observation

Observer les utilisateurs, l’environnement, les usages. Exemple : aller voir le comportement des usagers en magasins pour penser un site de vente en ligne.
(bien-sûr, la réflexion peut aussi se passer hors du contexte)

Brainstorming

7 à 8 personnes, sans chef, mais avec un animateur (sans niveau hiérarchique, donc). Il n’y a pas de mauvaises idées. Le but est de produire 100 idées en une heure.
Ensuite, regrouper les idées ensemble pour en extraire, les trier, les côter. Structurer en fonction de l’objectif.
Reboucler ensuite sur un deuxième brainstorming avec ce nouveau groupe d’idées.

Prototype

Faire des prototypes dès le début des tests (quite à ce qu’ils soient moches et mal faits)
Des équipes utilisent par exemple des post-it collés sur un écran d’iPhone en guise de prototype : il n’y a ni perte de temps ni perte d’énergie à créer le support et l’énergie reste concentrée sur l’idée et l’avancement.

Conclusion

La conclusion de Benjamin Servet est que la culture de l’expérience utilisateur reste encore à insuffler au sein de nos entreprises pour faire émerger des départements dédiés.

Son tweeter : @benjaminservet
Photo : mauricesvay CC BY-SA 2.0

Responsable Qualité web

Après quelques années sur mon poste actuel de chef de projet web, me voilà maintenant chargée d’une nouvelle mission : responsable Qualité web.

En fait d’une nouvelle mission, il s’agit plutôt de continuité. En effet, depuis que j’étais arrivée sur mon poste d’intégrateur (HTML / CSS), c’était surtout avec la casquette « interface » et pour travailler sur toutes les problématiques d’ergonomie, d’accessibilité, de référencement naturel, etc.
Tous ces aspects ni visant qu’une chose : l’expérience utilisateur positive et l’optimisation côté développement.

Je fais donc un pas de plus pour me retrouver tout à fait du côté de la conception et pousser plus en avant tous les aspects qualité.
Ma mission englobe différents postes : le suivi des sites (amélioration de l’existant, conseil sur les projets), la gestion et la rédaction de documents de référence, le développement de méthodes et d’outils, l’animation autour de la Qualité web (information, formation, montée en compétence) et, peut-être mon préféré : la veille. 🙂

J’attaque cette mission dont le changement porte essentiellement sur l’organisation de mon quotidien ; pour le contenu, ce n’est « que » la suite de ce que j’aime depuis toujours.

Le métier de chef de projet web sur le divan du psy

(1)
(1)

Pourquoi le métier de chef de projet web plutôt qu’un autre ?

Si le poste de chef de projet web m’attire autant, je pense que c’est parce que, pour moi, il est celui qui maîtrise toutes les facettes de l’expérience utilisateur.

En effet, il n’y a qu’en ayant la main sur la totalité du projet que l’on peut intervenir de façon globale et équilibrée sur la trouvabilité du site et de ses informations, l’utilité du site, son utilisabilité, sa désirabilité, son accessibilité et sa crédibilité.

Pourquoi vouloir maitriser les facettes de l’expérience utilisateur ?

Chaque site Internet a un but. Cela peut être de vendre, d’informer, de divertir, de marquer les esprits, etc.

Ce but est atteint lorsque l’internaute ciblé arrive sur le site et y accomplit la tâche qu’on attendait de lui.
Ces deux étapes essentielles ne sont possibles que si l’internaute trouve le site (ou qu’on lui indique), comprend ce qui s’y passe, comprend ce que le site peut lui apporter et arrive à l’utiliser avec un minimum de confort.

C’est l’ensemble de ces leviers qui, travaillés, optimisés, priorisés, vont rendre la visite de l’internaute positive. Ce sont ces facettes qui font qu’un site atteint son but, est réussi.

Et pourquoi l’expérience utilisateur et pas un autre critère ?

Parce que, comme vu précédemment, l’expérience utilisateur est transverse à tous les aspects du site.
De plus, elle participe à une idée qui est tout aussi simple qu’essentielle : un site Internet est fait pour un internaute.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il faut penser utilisateur si on veut atteindre son but.
Quel utilisateur va avoir besoin de mon site ? comment le bon utilisateur va-t-il parvenir jusqu’à mon site ? comment lui faire comprendre qu’il est au bon endroit, ce qu’il peut faire et en quoi cela va le satisfaire ? comment lui faciliter la tâche ? etc. Tout cela est compris dans l’expérience utilisateur.

Comment alors le chef de projet web va atteindre le but d’une expérience utilisateur positive ?

Parce que les facettes de l’expérience utilisateur sont transverses aux différentes couches du site, il faut un poste transverse à toute la conception et la réalisation qui, en ayant bien compris le but du site, orchestrera ces différentes facettes.

Il peut alors normer le projet et déterminer quels sont les critères à valider pour atteindre son but.

Le respect de ces critères assurera le respect de la norme établie, la qualité du site.

Bien soigner la navigation d’un site

Pourquoi soigner la navigation d’un site

La navigation comprend dès éléments tels que le menu, le footer mais également les chemins de fer(1), les liens de contenu, les éventuels pavés contextuels, etc.

Tous ces éléments forment un tout qui, bien sûr, permet de passer de page en page, mais permet aussi à l’internaute de se repérer dans le site et de comprendre quelles informations il va trouver dans quel contexte.

Enfin, en plus de l’internaute, c’est le moteur de recherche a qui une navigation soignée va servir. Le référencement naturel n’en sera que meilleur.

Bien réfléchir à la navigation d’un site au moment de sa conception, participe donc à deux critères de l’expérience utilisateur : l’utilisabilité et la trouvabilité.

Comment soigner la navigation d’un site

Le menu

Le menu est, bien sûr, un élément central du site et de sa navigabilité.

En tant qu’élément récurrent, dans les sites web, les internautes sont habitués à y trouver les rubriques du site. Il peut donc être un premier indice du contenu du site et de ce qu’on y trouvera. Le découpage et le nommage des rubriques est donc primordial et doit bien correspondre au contenu effectif.

Le rendu graphique du menu est bien sûr important. Il doit être différencié du reste du contenu et lisible. Pensez au critères d’accessibilité (contraste des couleurs de fond et de texte, par exemple). Méfiez-vous également des menus qui, pour être plus jolis, utilisent des images plutôt que des typographies systèmes : le référencement en sera moins bon.

Mis à part la mise en forme d’une rubrique qui peut changer en fonction du contexte (onglet de couleur différente lorsqu’on navigue dans la rubrique en question), le menu doit être au même endroit et avec le même rendu graphique et le même contenu sur toutes les pages. C’est un élément de repérage important ; il ne doit pas « bouger ».

Le chemin de fer

Le chemin de fer aide l’internaute a s’y retrouver dans un site. Il devient indispensable à partir du moment où l’arborescence à plus de deux niveaux.

Le chemin de fer contient deux types d’éléments qui doivent être différenciés : les pages parentes et la page en cours. Les items de pages parentes sont des liens vers les pages en question et la page en cours est du simple texte (pas de lien vers elle-même). Cette différence devrait également être relayée par du graphisme.

Chacun de ces items, pages parentes ou page en cours, doivent, pour des raisons de repérage, reprendre le titre de la page (qui reprend lui-même, le cas échéant, le titre de rubrique utilisé dans le menu).
Par exemple, si dans mon menu j’ai une rubrique « Accessibilité des pages web », la page vers laquelle pointe ce lien a pour titre « Accessibilité des pages web ». Les sous-pages de cette rubrique, dans leur chemin de fer contiennent alors un item de page parente « Accessibilité des pages web ».
Cette bonne pratique est également très utile pour optimiser une requête donnée sur une page et donc augmenter la qualité de son référencement naturel.

Pour coder le chemin de fer, vous pouvez aller consulter ces deux articles de vrais pointilleux (que j’adore ça !) : Fil d’Ariane et sémantique et Fil d’Ariane et sémantique (à nouveau).

Les liens de contenu

Les liens insérés dans un texte sont facilement lus, sont compréhensibles car contextualisés et sont fréquemment suivis. Pensez-donc, quand c’est pertinent, à rendre une allusion à une autre page du site cliquable. Là encore, l’idéal est que ce morceau de texte cliquable soit le titre de la page (que l’on retrouve dans le chemin de fer, dans le menu…)

Si un lien pointe vers un autre site, il faut le préciser. Utiliser pour cela l’info-bulle (attribut title) afin d’avertir votre internaute qu’il change de site. Cette information peut également être relayée par un pictogramme (comme le fais Wikipédia, par exemple au bas de l’article navigation).

Le plan du site

Le plan du site est indispensable, à mon sens, quel que soit l’étendue de votre site.
Il permet à l’internaute de se rendre compte du contenu d’un site dans sa globalité ; il permet à un moteur de recherche de trouver la totalité des pages d’un site.

Là encore, les items du plan du site doivent reprendre les libellés des titres de page.

Si la navigation utilise des couleurs, ces couleurs doivent être reprises dans le plan du site.

Pour en savoir plus sur le plan du site, consulter Concevoir un plan de site.

La page d’erreur

Même si on s’en passerait bien, la page d’erreur fait partie de la navigation d’un site.

Elle ne doit pas laisser l’internaute dans un cul-de-sac mais lui donner des éléments pour continuer de naviguer. Un lien vers la page d’Accueil est un minimum, une incitation à utiliser le moteur de recherche est une très bonne idée, une reprise du plan du site est indispensable.

Le moteur de recherche

La complexité du site imposera ou non la présence d’un moteur de recherche.

Conclusion

On le voit, les éléments de navigation d’un site sont nombreux et variés. Cela n’a rien d’étonnant le lien étant la particularité même du web. Pour autant, ces liens sont à traités de manière soignée et adaptée à leur fonction. Les principes vus ci-dessus s’appliqueront à chacun des éléments de votre navigation.

(1) D’après le mythe d’Ariane, le fil d’Ariane permet de repasser exactement par le chemin que l’on vient d’emprunter. Or un internaute n’emprunte pas forcément le chemin hiérachique des pages pour naviguer. Il peut également passer par des liens de contenu, le plan du site, etc. Le terme « chemin de fer » relaye l’idée que les items seront repris selon leur place dans l’arborescence du site.
Le fil d’Ariane correspond plus à « Vous êtes passer par… » et le chemin de fer correspond à « Cette page se situe… ». A vous de voir celui que vous souhaitez mettre en place.

Réflexions autour de la qualité web

Qu’est-ce que la qualité ?

Lorsqu’on l’on parle ici de qualité, il ne s’agit pas d’évaluer un « bon » ou un « mauvais » travail, mais l’on parle bien d’une qualité normative, industrialisable, mesurable.

Je vois un double aspect à la qualité pour le concepteur / réalisateur de sites web.

La qualité des développements web

La qualité des développements va permettre une exploitation facilitée et performante.
La mise en place de normes – et leur suivi – assurent la maniabilité des données puisque l’ensemble est construit sur une même modèle.
Les normes sont, bien sûr, choisies et appliquées selon des critères retenus en fonction des objectifs à atteindre.

La qualité du service web

L’autre aspect de la qualité web ne concerne plus la réalisation du site mais le résultat final : la qualité du service proposé à l’internaute. Tout cela est réuni sous la notion d’expérience utilisateur.
La qualité web vise une expérience utilisateur positive : que l’internaute trouve le service dont il a besoin, qu’il l’utilise facilement et plaisamment, enfin, que cette utilisation soit efficace.

L'expérience utilisateur selon Peter Morville
L'expérience utilisateur selon Peter Morville

Comment atteindre la qualité ?

Une liste de critères de qualité

La qualité reste une notion variable. La qualité a atteindre n’est pas la même en fonction des entreprises, des pôles, du public et des objectifs à atteindre.

La qualité est donc plus une notion à évaluer et à mettre en place au cas par cas. Néanmoins, pour pouvoir être travaillée, évaluée, communiquée, etc. elle doit être objective et mesurable.
Elle peut se traduire par une liste de critères.

Des listes différents peuvent être crées en fonction des profils qui vont les utilisés : règles d’hébergement, règles de développement, règles ergonomiques, règles graphique, etc.

Cette liste ou ces listes de critères peuvent être plus ou moins longues, plus ou moins facilement applicables, plus ou moins ancrées dans les habitudes des concepteurs et des développeurs.

La mise en place ne se fait donc pas de l’état 0 à l’état final. Les critères peuvent être classés selon leur « criticité », leur facilité de mise en place, leur état (déjà appliqué ou non).

Ces listes évaluées sont ensuite utilisées pour avancer vers l’état final souhaité.

L’amélioration continue de la qualité

L’amélioration continue de la qualité web consiste à mettre des méthodes en place pour gérer les listes de critères de qualité.

Le but de cette amélioration continue n’est pas tant d’atteindre la qualité mais de tendre vers elle dans un cadre défini.

Ce cadre permet de savoir vers quoi on va, selon quelles exigences, comment on avance, etc. Cela permet également de communiquer (en interne, en externe) sur les efforts faits, les améliorations mises en place, les buts à atteindre.

L’amélioration continue de la qualité web est un chantier itératif où l’on peut traiter de l’existant comme les nouvelles pages, créer des listes de critères et appliquer les listes existantes, modifier ces critères en fonction de l’évolution du web, des exigences, des objectifs, des techniques, mettre en place de nouveaux réflexes, des nouvelles méthodes, etc.

Comment mettre en place l’amélioration continue de la qualité ?

Des hommes

Les premiers « leviers » à actionner pour mettre en place l’amélioration continue de la qualité des pages web sont les personnes amenés à intervenir sur les projets.

Il faut, bien sûr, qu’ils soient sensibilisés à la notion de qualité, à ce qu’elle représente ; ce qu’elle apporte et ce qu’elle coute.
Les notions d’amélioration continue et de chantier itératif sont clés pour bien comprendre les actions et méthodes qui seront mises en place pour la qualité.

Les objectifs (industrialisation des développements, expérience utilisateur mais aussi des objectifs spécifiques) doivent être compris.

Les moyens de sensibiliser les intervenants peuvent être :

  • la formation
  • les conférences
  • les blogs internes
  • les points d’avancement
  • les liens vers ce type de billet 😉
  • la machine à café

Les sujets sur lesquels sensibiliser sont multiples : la qualité et l’amélioration continue, l’accessibilité, les standards du web, l’ergonomie, l’expérience utilisateur, la rédaction web … ils sont aussi variés qu’il y a d’aspect à la conception et à la réalisation de pages web.

Des outils

e mémento des Bonnes Pratiques Opquast*
Mémento des Bonnes Pratiques Opquast*

L’outil auquel on peut penser immédiatement est Mon Opquast, puisque c’est un outil fait pour gérer l’amélioration continue de la qualité web mais également de se créer ses propres référentiels.

De nombreux outils existent qui permettent d’évaluer des éléments des pages web (extension Firefox, outils pour l’accessibilité, pour le référencement, etc.) Souvent, ces éléments se recouperont avec des référentiels de qualité web. Ils facilitent donc la mise en place de réflexes pour la qualité.

Un espace de « reporting » peut être un bon moyen de faire le suivi et de communiquer. Il peut prendre plusieurs formes (récapitulatif Mon Opquast, tableau partagé ou centralisé, billet régulier sur blog interne, etc.)

Enfin, on peut penser aussi aux « petits » outils mis à notre disposition pour présenter la qualité, la rappeler de façon simple. Je pense par exemple au Mémento des Bonnes Pratiques Opquast, à des cartes comme celle du W3C « Conseils pour faire des sites accessibles », etc.

Conseils pour faire des sites web accessibles - Web Accessibility initiative
Conseils pour faire des sites web accessibles - Web Accessibility initiative

Conclusion

Prendre en considération la qualité et son suivi est donc une tâche itérative qui peut être, une fois mise en place, traitée de façon légère mais continue. En effet, un ensemble d’actions, même minimes, est efficace sur la durée.

L’étape à soigner est surtout la mise en place du chantier amélioration continue de la qualité, la sensibilisation des esprits, les outils et méthodes d’action et de suivi.

Liens :
Voir aussi :

* Mémento des Bonnes Pratiques dans sa version rouge… pas dans sa nouvelle version… moi, j’dis ça…
(hi hi hi)

Accessibilité + Utilisabilité + Paris Web = :)))

Les prochains événements auxquels je vais assister / participer :

Utilisabilité et interfaces riches

Événement français de la Journée Mondiale de l’utilisabilité : Word Usability Day.

Cela se passera à Paris, le 12 Novembre et c’est organisé par Fred Cavazza. Je suis particulièrement intéressée par les conférences abordant le thème des interfaces riches via l’expérience utilisateur ou encore en soulevant le problème de contraintes, des inconvénients à prendre en compte pour de bonnes interfaces riches.

Paris Web 2008

LE cycle de conférences à ne pas rater !

Cette année, les choses se corsent ! Il faut choisir entre des conférences « techniques » et des conférences « décideurs » qui se déroulent en même temps. Mon métier et mes centres d’intérêt m’amène à vouloir les suivre … toutes 😀

Serait-ce pour compenser ce choix difficile ? je me suis inscrite partout : conférences jeudi et vendredi, apéro communautaire vendredi et ateliers du samedi !

Accessibilité

Pourquoi Accessibilité ? Parce que j’ai la chance, dans les jours à venir, d’assister à deux formations sur l’accessibilité : une formation technique et une sensibilisation de l’accessibilité destinée aux décideurs.

Les deux étant assurées par l’équipe de Temesis …et oui ! 😛

La fausse bonne idée

Beaucoup de monde parle en ce moment du projet savethedevelopers.org. Voici, en quelques mots, un point de vue « contre » (deux, en fait !) ou comment une bonne intention de départ trouve finalement sa source dans la facilité plus que dans le service.

Jep :

Je suis totalement opposé à ce type d’initiative : http://www.lesintegristes.net/2008/10/22/les-integristes-enquetent/
Pour moi, il n’y a que le « gracefull degradation » et le « progressive enencement » qui sont valables.

Moi :

Moi non plus, je ne ferais pas ça sur mes sites. C’est un peu intrusif et paternaliste. …Je crois que c’est plus un truc pour que les développeurs se fassent plaisir… (Encore un truc qui n’est pas tourné vers l’expérience de l’internaute mais bien vers celui du « commenditaire ») 😉