Design Thinking – UX Paris

benjamin-servetDesign Thinking
Benjamin Servet – nealite
UX Paris – 24 novembre 2010

UX Paris est une initiative bénévole dont la vocation s’anime autour de la démarche centrée utilisateur. Entres-autres choses, UX Paris organise des conférences et celle du 24 novembre 2010, sponsorisée par Paris-Web, portait sur le Design Thinking.

A cette occasion, Benjamin Servet de l’agence nealite, est venu présenter sa vision du Design Thinking.
La méthodologie étant facilement trouvable dans les livres, Benjamin Servet a voulu se concentrer plutôt sur la présentation des principes importants :

  • La culture à insuffler
  • Brainstorming et observation
  • Prototype et tests

Définition

Définir Design Thinking n’était pas l’objet de la conférence et, quand la question de la traduction du terme a été posé, Benjamin Servet a avoué n’avoir pas su trouver de moyen de le traduire en français.

Benjamin a notamment rappelé que le terme « design » ne fait pas référence à l’artistique et qu’on pourrait plutôt le voir dans le sens de « dessein« . Le design est en fait apparu avec l’industrialisation dès lors qu’il fallait concevoir ou accompagner un produit, quel qu’il soit (objet, mise en page, etc.)

Le design thinking, c’est plus un groupe, une culture commune qu’une esthétique. Le hasard et l’expérimental y sont favorisés et le tout est centré sur l’expérience utilisateur. Cette réflexion globale (fonctionnelle et esthétique) est présente à chaque étape de la conception.

Design Thinking sur Wikipédia

Historique

D’abord, un web consultatif, puis, autour de ce qu’on a appelé le web 2.0, un web participatif.
Maintenant, le web se conçoit dans la mobilité (partout, tout le temps).

En parallèle, les attendes des utilisateurs ont donc changés. Dans la catégorie « besoin », il y a l’info et le produit. C’est avec la catégorie des « plus » qu’un annonceur pourra faire une différence :  sur les services et l’expérience.
Cette différenciation en enrichissant services et expérience doit se faire en parallèle d’un univers de plus en plus complexe : le client-annonceur ne sait plus ce qu’il doit faire avec les réseaux sociaux et la multiplicité des plateformes.

Méthodologie

C’est une méthodologie du collectif et du collaboratif : les équipes doivent être multi-disciplinaires.

Tout comme dans le théâtre classique, elle répond à la règle « unité de lieu, de temps, d’action« .
Une pièce unique est consacrée au projet. Tous les livrables (post-it, brouillon, idées) y sont accrochés en permanence et à disposition de chaque membre de l’équipe. Le tout est « à plat » (et non, comme sur un ordinateur, consultable élément par élément).
Le temps est prédéfini et doit contribuer à la notion d’urgence. Il n’y a pas de travail en cascade (chaque spécialité après l’autre) mais une action commune pour garantir l’energie de l’ensemble et l’unité.

Conseils

« Arrêtez de faire des « produits » ».
Les équipes sont compartimentées et chacun fait son application iPhone – par exemple – de son côté.
Il en découle un manque de fluidité entre les appli, par exemple.

Observation

Observer les utilisateurs, l’environnement, les usages. Exemple : aller voir le comportement des usagers en magasins pour penser un site de vente en ligne.
(bien-sûr, la réflexion peut aussi se passer hors du contexte)

Brainstorming

7 à 8 personnes, sans chef, mais avec un animateur (sans niveau hiérarchique, donc). Il n’y a pas de mauvaises idées. Le but est de produire 100 idées en une heure.
Ensuite, regrouper les idées ensemble pour en extraire, les trier, les côter. Structurer en fonction de l’objectif.
Reboucler ensuite sur un deuxième brainstorming avec ce nouveau groupe d’idées.

Prototype

Faire des prototypes dès le début des tests (quite à ce qu’ils soient moches et mal faits)
Des équipes utilisent par exemple des post-it collés sur un écran d’iPhone en guise de prototype : il n’y a ni perte de temps ni perte d’énergie à créer le support et l’énergie reste concentrée sur l’idée et l’avancement.

Conclusion

La conclusion de Benjamin Servet est que la culture de l’expérience utilisateur reste encore à insuffler au sein de nos entreprises pour faire émerger des départements dédiés.

Son tweeter : @benjaminservet
Photo : mauricesvay CC BY-SA 2.0

Ressources de référence

Ressources (françaises) de référence pour se lancer, suivre et se perfectionner dans la conception, l’intégration, le design, etc. de sites web orientés qualité, standards, accessibilité, expérience utilisateur, etc.

Vos propres références sont les bienvenues en commentaire.

(et à propos de la veille : Faire de la veille)

Articles et billets

Outil

  • Projet Opquast – Gestion de la qualité
    #qualitéweb  #referentiel #bonnespratiques
    http://www.opquast.com

Communautaire

(forum, liste de diffusion, discussion, etc.)

Événements

  • W3Café
    http://france.w3cafe.org
  • Paris Web
    #conférences #ateliers
    www.paris-web.fr

Stimuler sa créativité

1340707824_b7aa33cb7a_zLa créativité est une capacité plus ou moins sollicitée selon les personnes. Je suis persuadée par ailleurs que tout le monde peut-être potentiellement créatif – il suffit de trouver le ou les sujets qui nous stimule.

Sans peut-être s’en être rendu compte, Prélude a manifestement envie de nous stimuler ces derniers temps (à travers la création de jeux, à travers la BD, à travers l’écriture).

Auteur du blog Prélude.me, il publiait il y a peu un billet intitulé Nous manquons de créativité. Le blog étant principalement dédié aux jeux en ligne – et à leurs concepteurs – le billet s’orientait vers les jeux. Mais bon, la question que j’ai pour ma part sous-entendue est valable pour tous les domaines : comment être créatif ? Comment créer un contenu original ?

Le même est l’heureux papa du si charmant et si bien élevé (!) Gouik. Or, Gouik nous propose un concours permanent : « Faites dire à Gouik« . Ce concours –  certainement assez courant dans le monde de la BD – propose d’inventer le scénario écrit d’un Gouik. Les planches sont prêtes et il y a juste à compléter les bulles. (Ceux qui connaissent un peu Gouik ont déjà pu deviner que c’était moins facile qu’il n’y paraissait d’inventer un scénario de trois cases, dans des formats de bulles imposées, y compris les silences).

Bref, une autre façon de stimuler notre créativité.

Et voilà qu’il sort un nouveau site ! Et de quoi il s’agit ? De laisser un message commençant par « Y’a rien de tel« . Là aussi, place à l’imagination tout en allant interroger notre sensibilité (ou notre humour) (ou notre capacité à provoquer) (ou notre haine). Bon, bref, encore un p’tit exercice de stimulation de créativité.
Ben du coup, je me suis fendue de mon « Y’a rien de tel » : Y’a rien de tel que d’enfoncer ses orteils dans le sable chaud. (Hein, vous ne trouvez pas ?!)

Ce qui est amusant aussi, c’est que j’ai un petit projet en préparation et que, là aussi, on peut dire que c’est un projet d’aide à l’inspiration et à la création !
Et alors que je suis en train de rédiger ce billet, je tombe sur l’article de webdesign depot qui lui aussi veut nous aider dans notre créativité : Self-Motivating Through Creative Blocks

Alors ? La créativité est à la mode ? A une époque où notre esprit est sollicité partout tout le temps, comment est-ce que votre créativité est stimulée ?
Avez-vous une « création » quotidienne (griffonnage pendant les coups de téléphone, journal, etc.) ? Avez-vous des habitudes ou des outils qui vous aide ?

Mais d’ailleurs ?! Cherchez-vous à stimuler votre créativité ?!

Edit :

A propos d’inspiration et de créativité, voir aussi « Immediate inspiration » et « Petit précis de créativité« . Voilà.

Audit de qualité – Pistes d’analyse

J’ai eu la chance de tester la nouvelle version du référentiel Opquast à titre professperso… non, à titre professionnel (avec Opquast, je ne sais jamais si je le fais pour le boulot ou pour le plaisir !)

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Bon, déjà, 217 bonnes pratiques à tester à la main (les tests automatiques n’étaient pas encore prêts), avec la bonne méthode (1), ben finalement, ça se fait.

Une fois que c’est fini, on a un résultat ; un pourcentage de conformité.

Ce qui me semble important – en dehors d’un état d’avancement et de marge de progression – c’est l’analyse que l’on peut en tirer.

En effet, plus que le résultat global, j’ai axé mon analyse sur :

  • les résultats par niveau
  • les résultats par « typologie » de critères

L’analyse par niveau

Constater que les résultats sont meilleurs sur les BP (Bonnes Pratiques) de niveau 1 démontre que les équipes web ont le bon esprit. Elles ne se perdent pas dans les détails et le peaufiné sans avoir traité les points importants en priorité.

Un taux de conformité globale à… disons 60% mais avec 30% de conformité en niveau 1 pour 80% de conformité en niveau 3 signifierait une mauvaises gestion des priorités et peut-être même une méconnaissance du média ! Rien que ça.

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L’analyse par typologie de critères

Opquast a eu la bonne idée de classer les BP par groupes thématiques.

Avant d’analyser les résultats de mon audit, je me suis posé la question :

  • des objectifs du site,
  • et de la fréquence d’utilisation de certains éléments (ex. : tableaux, Flash) et de l’importance de l’information contenue

A l’aide de ces deux éléments, de manière naturelle, des typologies de critères se sont détachées comme étant plus stratégiques que d’autres.

Ce sont donc sur ces groupes que s’est focalisée mon attention.

En plus de l’analyse en détail, constater que la conformité globale des typologies stratégiques est plus élevée que celle des typologies mineures démontre encore que les équipes web suivent un axe logique par rapport à leurs buts.

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Analyse en détail

Et bien sûr, une analyse d’un audit de qualité web n’est pas, certainement pas, une suite de pourcentages et de graphiques (aussi jolis soient-ils).

Une fois qu’on s’est focalisé sur un groupe de BP, on regarde en détail les points de non-conformité.

  • Est-ce que ces points concernent tous une même étape (compétence, planning, outil) ?
  • Est-ce qu’ils sont modifiables facilement ?
  • Est-ce qu’ils font partie d’un choix stratégiques et n’ont pas à être modifiés ?

On se pose le même type de question sur les points de conformité et on se rend compte qu’on en tire rapidement des conclusions sur les axes forts et les axes faibles d’un site, d’une méthode, d’une équipe, etc.

À vos analyses !

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(1) Il y a, si on veut, des formations pour ça chez ces messieurs de Temesis.

Des sites web de qualité grâce à …vous !

Opquast - Open Quality Standarts

Quand j’ai commencé à m’intéresser à ce qu’on va appeler le web de qualité (standards, accessibilité, expérience utilisateur, etc.), j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes qui m’ont donné les bonnes références. (Ne partez pas ! ce billet ne va pas parler que de mon nombril !)

Autre que les liens vers les spécifications du W3C (imbuvables pour une débutante !), on m’a bien sûr indiqué des sites tels que OpenWeb ou Pompage.

C’est à cette même époque (2005 ?) que l’on m’a fait découvrir le projet Opquast.

Opquast était merveilleux pour la débutante que j’étais car il liste des bonnes pratiques toutes pleines de sens. Je découvrais à la même époque que ce n’était pas un hasard si chacune de ces bonnes pratiques étaient intelligente : elles avaient été conçues selon des critères exigeants et en collaboration (en groupe, on réfléchit mieux que tout seul, ben oui).

Cette liste de bonnes pratiques a été rapidement accompagnée d’un outil pratique de mise en œuvre : Mon Opquast.
Non seulement j’avais cette liste à disposition, des explications de l’utilité de ces bonnes pratiques, mais en plus, j’avais une interface simple pour suivre l’application (ou non) de ces préconisations.

Depuis, je suis devenue une grande (si, si) et Mon Opquast est toujours aussi utile pour moi. Il l’est également au sein de mon entreprise car il permet un suivi simple et partagé de la qualité de tout un parc de site.

Le web évolue, comme chacun sait, rapidement. Et la liste des bonnes pratiques est en train d’être revue. Ce que ça donne ? 235 bonnes pratiques candidates au moment où j’écris ces lignes, plus des propositions, plus des refusées… le tout proposé à votre sagacité. Oui, la votre. Car après une élaboration en comité restreint (à laquelle j’ai eu le bonheur de participer), les bonnes pratiques sont soumises aux commentaires de tous.

Participer à ce genre d’initiative est particulièrement enrichissant. Cela permet d’avoir sous les yeux un condensé à la fois des habitudes de professionnels obsédés intéressés par la qualité, des désaccords argumentés entre ces créateurs de sites web, de se soumettre soi-même à une méthode constructive et exigeante, le tout au service de la qualité des sites web. Bref, que du bonheur.

Comme à chaque fois que je suis enthousiaste, j’ai l’impression d’être confuse. Si je devais résumer en une phrase : « Vous faites des sites web et vous aimez le faire bien ? Participez à l’appel à commentaire de Opquast V2 » :

…Et si je m’étais faite payée à chaque fois que j’avais fais de la « pub » pour Opquast, je serais riche et Opquast serait sur la paille ! 😀

Le métier de chef de projet web sur le divan du psy

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Pourquoi le métier de chef de projet web plutôt qu’un autre ?

Si le poste de chef de projet web m’attire autant, je pense que c’est parce que, pour moi, il est celui qui maîtrise toutes les facettes de l’expérience utilisateur.

En effet, il n’y a qu’en ayant la main sur la totalité du projet que l’on peut intervenir de façon globale et équilibrée sur la trouvabilité du site et de ses informations, l’utilité du site, son utilisabilité, sa désirabilité, son accessibilité et sa crédibilité.

Pourquoi vouloir maitriser les facettes de l’expérience utilisateur ?

Chaque site Internet a un but. Cela peut être de vendre, d’informer, de divertir, de marquer les esprits, etc.

Ce but est atteint lorsque l’internaute ciblé arrive sur le site et y accomplit la tâche qu’on attendait de lui.
Ces deux étapes essentielles ne sont possibles que si l’internaute trouve le site (ou qu’on lui indique), comprend ce qui s’y passe, comprend ce que le site peut lui apporter et arrive à l’utiliser avec un minimum de confort.

C’est l’ensemble de ces leviers qui, travaillés, optimisés, priorisés, vont rendre la visite de l’internaute positive. Ce sont ces facettes qui font qu’un site atteint son but, est réussi.

Et pourquoi l’expérience utilisateur et pas un autre critère ?

Parce que, comme vu précédemment, l’expérience utilisateur est transverse à tous les aspects du site.
De plus, elle participe à une idée qui est tout aussi simple qu’essentielle : un site Internet est fait pour un internaute.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il faut penser utilisateur si on veut atteindre son but.
Quel utilisateur va avoir besoin de mon site ? comment le bon utilisateur va-t-il parvenir jusqu’à mon site ? comment lui faire comprendre qu’il est au bon endroit, ce qu’il peut faire et en quoi cela va le satisfaire ? comment lui faciliter la tâche ? etc. Tout cela est compris dans l’expérience utilisateur.

Comment alors le chef de projet web va atteindre le but d’une expérience utilisateur positive ?

Parce que les facettes de l’expérience utilisateur sont transverses aux différentes couches du site, il faut un poste transverse à toute la conception et la réalisation qui, en ayant bien compris le but du site, orchestrera ces différentes facettes.

Il peut alors normer le projet et déterminer quels sont les critères à valider pour atteindre son but.

Le respect de ces critères assurera le respect de la norme établie, la qualité du site.

Le métier de chef de projet web

Source : Paysage du temps (www.flickr.com/photos/paysage_du_temps) - licence Creative Commons
(1)

Le chef de projet web est celui qui peut gérer le projet d’un site de bout en bout.

Ses compétences doivent être multiples pour pouvoir échanger avec chacun des intervenant.

Il doit également avoir une excellente vision d’Internet, des usages, des internautes.

De plus, il doit connaitre les contraintes d’une entreprise (celles du client comme celles de l’agence web).

Ce qui fait, si on résume, des connaissances en : e-marketing, ergonomie, webdesign, intégration, développement, performance web, référencement naturel et payant.

Le but n’est pas que le chef de projet web fasse toutes ou l’une de ces tâches mais qu’il puisse intervenir sur chacune, alerter les uns sur le contraintes des autres, faire dialoguer les acteurs du projet sur des point qui nécessitent coordination et, le cas échéant, arbitrer.

De plus, à chaque étape, il est celui qui a une vision globale du projet.

Le chef de projet web doit donc être curieux de tout, ouvert et prêt en permanence à remettre ses connaissances en jeu (ben… comme tous ceux qui travaille sur le web, quel que soit le métier !)

Il doit avoir un excellent relationnel, savoir gérer les conflits et savoir arbitrer une situation, faire des choix.

Il doit être organisé et avoir un esprit de concision car c’est sur lui que se reposeront tous les acteurs du projet pour en connaitre le suivi, pour communiquer la totalité des informations.

Enfin, il doit savoir organiser un pot, parce que bon, un projet bien (ou mal) mené, ça mérite bien un pot !

(1) Le chef en action par Paysage du temps – Utilisée et modifiée sous licence Creative Commons

Le Mémento des bonnes pratiques, v.2

Sites web - Les bonnes pratiques
Sites web - Les bonnes pratiques

Je me suis retenue d’appeler ce billet d’un intriguant « Je l’ai ! » parce que bon, c’est bien beau de relayer les bonnes pratiques éditoriales si c’est pour ne pas les respecter soi-même !
Pourtant, c’était certainement ma pensée quand j’ai reçu -gâtée que je suis- un exemplaire du tout nouveau Mémento des bonnes pratiques du web.
Bon, ok, je l’avais quelques peu réclamé… Ben quoi ?! on ne sait jamais !

Toujours est-il que je suis en mesure de vous parler de cette nouvelle version de la liste des bonnes pratiques Opquast.

Les différences d’avec la première version sont essentiellement esthétiques mais le changement est important : les couleurs sont plus contrastées et la lisibilité est meilleure.
Plus doux, plus rose, en un mot, plus sexy ; bref, le Mémento des bonnes pratiques d’Élie Sloïm est plus beau en vrai que sur le web (1).

Les bonnes pratiques n’ont pas changées (ou alors je n’ai pas été assez pointilleuse ?!). Par contre, on notera de petits et de gros changements sur le contenu « didactique » qui accompagne le référentiel.
J’aime particulièrement les « Dix principes pour la qualité web » qui mériteraient à eux tous seuls … tout un livre ! 😉

Et, ce qui n’a pas changé non plus, c’est le prix… 5 €.

Mémento Sites Web – Les bonnes pratiques
Élie Sloïm et les contributeurs Opquast

Éditions Eyrolles
Deuxième édition, Janvier 2009
(1) « Private joke » – partagée par les quelques 300 personnes qui ont assistées à Paris Web 2008 – ayant pour but d’alimenter les moteurs de recherche sur la requête « plus beau en vrai que sur le web »…

Bien soigner la navigation d’un site

Pourquoi soigner la navigation d’un site

La navigation comprend dès éléments tels que le menu, le footer mais également les chemins de fer(1), les liens de contenu, les éventuels pavés contextuels, etc.

Tous ces éléments forment un tout qui, bien sûr, permet de passer de page en page, mais permet aussi à l’internaute de se repérer dans le site et de comprendre quelles informations il va trouver dans quel contexte.

Enfin, en plus de l’internaute, c’est le moteur de recherche a qui une navigation soignée va servir. Le référencement naturel n’en sera que meilleur.

Bien réfléchir à la navigation d’un site au moment de sa conception, participe donc à deux critères de l’expérience utilisateur : l’utilisabilité et la trouvabilité.

Comment soigner la navigation d’un site

Le menu

Le menu est, bien sûr, un élément central du site et de sa navigabilité.

En tant qu’élément récurrent, dans les sites web, les internautes sont habitués à y trouver les rubriques du site. Il peut donc être un premier indice du contenu du site et de ce qu’on y trouvera. Le découpage et le nommage des rubriques est donc primordial et doit bien correspondre au contenu effectif.

Le rendu graphique du menu est bien sûr important. Il doit être différencié du reste du contenu et lisible. Pensez au critères d’accessibilité (contraste des couleurs de fond et de texte, par exemple). Méfiez-vous également des menus qui, pour être plus jolis, utilisent des images plutôt que des typographies systèmes : le référencement en sera moins bon.

Mis à part la mise en forme d’une rubrique qui peut changer en fonction du contexte (onglet de couleur différente lorsqu’on navigue dans la rubrique en question), le menu doit être au même endroit et avec le même rendu graphique et le même contenu sur toutes les pages. C’est un élément de repérage important ; il ne doit pas « bouger ».

Le chemin de fer

Le chemin de fer aide l’internaute a s’y retrouver dans un site. Il devient indispensable à partir du moment où l’arborescence à plus de deux niveaux.

Le chemin de fer contient deux types d’éléments qui doivent être différenciés : les pages parentes et la page en cours. Les items de pages parentes sont des liens vers les pages en question et la page en cours est du simple texte (pas de lien vers elle-même). Cette différence devrait également être relayée par du graphisme.

Chacun de ces items, pages parentes ou page en cours, doivent, pour des raisons de repérage, reprendre le titre de la page (qui reprend lui-même, le cas échéant, le titre de rubrique utilisé dans le menu).
Par exemple, si dans mon menu j’ai une rubrique « Accessibilité des pages web », la page vers laquelle pointe ce lien a pour titre « Accessibilité des pages web ». Les sous-pages de cette rubrique, dans leur chemin de fer contiennent alors un item de page parente « Accessibilité des pages web ».
Cette bonne pratique est également très utile pour optimiser une requête donnée sur une page et donc augmenter la qualité de son référencement naturel.

Pour coder le chemin de fer, vous pouvez aller consulter ces deux articles de vrais pointilleux (que j’adore ça !) : Fil d’Ariane et sémantique et Fil d’Ariane et sémantique (à nouveau).

Les liens de contenu

Les liens insérés dans un texte sont facilement lus, sont compréhensibles car contextualisés et sont fréquemment suivis. Pensez-donc, quand c’est pertinent, à rendre une allusion à une autre page du site cliquable. Là encore, l’idéal est que ce morceau de texte cliquable soit le titre de la page (que l’on retrouve dans le chemin de fer, dans le menu…)

Si un lien pointe vers un autre site, il faut le préciser. Utiliser pour cela l’info-bulle (attribut title) afin d’avertir votre internaute qu’il change de site. Cette information peut également être relayée par un pictogramme (comme le fais Wikipédia, par exemple au bas de l’article navigation).

Le plan du site

Le plan du site est indispensable, à mon sens, quel que soit l’étendue de votre site.
Il permet à l’internaute de se rendre compte du contenu d’un site dans sa globalité ; il permet à un moteur de recherche de trouver la totalité des pages d’un site.

Là encore, les items du plan du site doivent reprendre les libellés des titres de page.

Si la navigation utilise des couleurs, ces couleurs doivent être reprises dans le plan du site.

Pour en savoir plus sur le plan du site, consulter Concevoir un plan de site.

La page d’erreur

Même si on s’en passerait bien, la page d’erreur fait partie de la navigation d’un site.

Elle ne doit pas laisser l’internaute dans un cul-de-sac mais lui donner des éléments pour continuer de naviguer. Un lien vers la page d’Accueil est un minimum, une incitation à utiliser le moteur de recherche est une très bonne idée, une reprise du plan du site est indispensable.

Le moteur de recherche

La complexité du site imposera ou non la présence d’un moteur de recherche.

Conclusion

On le voit, les éléments de navigation d’un site sont nombreux et variés. Cela n’a rien d’étonnant le lien étant la particularité même du web. Pour autant, ces liens sont à traités de manière soignée et adaptée à leur fonction. Les principes vus ci-dessus s’appliqueront à chacun des éléments de votre navigation.

(1) D’après le mythe d’Ariane, le fil d’Ariane permet de repasser exactement par le chemin que l’on vient d’emprunter. Or un internaute n’emprunte pas forcément le chemin hiérachique des pages pour naviguer. Il peut également passer par des liens de contenu, le plan du site, etc. Le terme « chemin de fer » relaye l’idée que les items seront repris selon leur place dans l’arborescence du site.
Le fil d’Ariane correspond plus à « Vous êtes passer par… » et le chemin de fer correspond à « Cette page se situe… ». A vous de voir celui que vous souhaitez mettre en place.

Réflexions autour de la qualité web

Qu’est-ce que la qualité ?

Lorsqu’on l’on parle ici de qualité, il ne s’agit pas d’évaluer un « bon » ou un « mauvais » travail, mais l’on parle bien d’une qualité normative, industrialisable, mesurable.

Je vois un double aspect à la qualité pour le concepteur / réalisateur de sites web.

La qualité des développements web

La qualité des développements va permettre une exploitation facilitée et performante.
La mise en place de normes – et leur suivi – assurent la maniabilité des données puisque l’ensemble est construit sur une même modèle.
Les normes sont, bien sûr, choisies et appliquées selon des critères retenus en fonction des objectifs à atteindre.

La qualité du service web

L’autre aspect de la qualité web ne concerne plus la réalisation du site mais le résultat final : la qualité du service proposé à l’internaute. Tout cela est réuni sous la notion d’expérience utilisateur.
La qualité web vise une expérience utilisateur positive : que l’internaute trouve le service dont il a besoin, qu’il l’utilise facilement et plaisamment, enfin, que cette utilisation soit efficace.

L'expérience utilisateur selon Peter Morville
L'expérience utilisateur selon Peter Morville

Comment atteindre la qualité ?

Une liste de critères de qualité

La qualité reste une notion variable. La qualité a atteindre n’est pas la même en fonction des entreprises, des pôles, du public et des objectifs à atteindre.

La qualité est donc plus une notion à évaluer et à mettre en place au cas par cas. Néanmoins, pour pouvoir être travaillée, évaluée, communiquée, etc. elle doit être objective et mesurable.
Elle peut se traduire par une liste de critères.

Des listes différents peuvent être crées en fonction des profils qui vont les utilisés : règles d’hébergement, règles de développement, règles ergonomiques, règles graphique, etc.

Cette liste ou ces listes de critères peuvent être plus ou moins longues, plus ou moins facilement applicables, plus ou moins ancrées dans les habitudes des concepteurs et des développeurs.

La mise en place ne se fait donc pas de l’état 0 à l’état final. Les critères peuvent être classés selon leur « criticité », leur facilité de mise en place, leur état (déjà appliqué ou non).

Ces listes évaluées sont ensuite utilisées pour avancer vers l’état final souhaité.

L’amélioration continue de la qualité

L’amélioration continue de la qualité web consiste à mettre des méthodes en place pour gérer les listes de critères de qualité.

Le but de cette amélioration continue n’est pas tant d’atteindre la qualité mais de tendre vers elle dans un cadre défini.

Ce cadre permet de savoir vers quoi on va, selon quelles exigences, comment on avance, etc. Cela permet également de communiquer (en interne, en externe) sur les efforts faits, les améliorations mises en place, les buts à atteindre.

L’amélioration continue de la qualité web est un chantier itératif où l’on peut traiter de l’existant comme les nouvelles pages, créer des listes de critères et appliquer les listes existantes, modifier ces critères en fonction de l’évolution du web, des exigences, des objectifs, des techniques, mettre en place de nouveaux réflexes, des nouvelles méthodes, etc.

Comment mettre en place l’amélioration continue de la qualité ?

Des hommes

Les premiers « leviers » à actionner pour mettre en place l’amélioration continue de la qualité des pages web sont les personnes amenés à intervenir sur les projets.

Il faut, bien sûr, qu’ils soient sensibilisés à la notion de qualité, à ce qu’elle représente ; ce qu’elle apporte et ce qu’elle coute.
Les notions d’amélioration continue et de chantier itératif sont clés pour bien comprendre les actions et méthodes qui seront mises en place pour la qualité.

Les objectifs (industrialisation des développements, expérience utilisateur mais aussi des objectifs spécifiques) doivent être compris.

Les moyens de sensibiliser les intervenants peuvent être :

  • la formation
  • les conférences
  • les blogs internes
  • les points d’avancement
  • les liens vers ce type de billet 😉
  • la machine à café

Les sujets sur lesquels sensibiliser sont multiples : la qualité et l’amélioration continue, l’accessibilité, les standards du web, l’ergonomie, l’expérience utilisateur, la rédaction web … ils sont aussi variés qu’il y a d’aspect à la conception et à la réalisation de pages web.

Des outils

e mémento des Bonnes Pratiques Opquast*
Mémento des Bonnes Pratiques Opquast*

L’outil auquel on peut penser immédiatement est Mon Opquast, puisque c’est un outil fait pour gérer l’amélioration continue de la qualité web mais également de se créer ses propres référentiels.

De nombreux outils existent qui permettent d’évaluer des éléments des pages web (extension Firefox, outils pour l’accessibilité, pour le référencement, etc.) Souvent, ces éléments se recouperont avec des référentiels de qualité web. Ils facilitent donc la mise en place de réflexes pour la qualité.

Un espace de « reporting » peut être un bon moyen de faire le suivi et de communiquer. Il peut prendre plusieurs formes (récapitulatif Mon Opquast, tableau partagé ou centralisé, billet régulier sur blog interne, etc.)

Enfin, on peut penser aussi aux « petits » outils mis à notre disposition pour présenter la qualité, la rappeler de façon simple. Je pense par exemple au Mémento des Bonnes Pratiques Opquast, à des cartes comme celle du W3C « Conseils pour faire des sites accessibles », etc.

Conseils pour faire des sites web accessibles - Web Accessibility initiative
Conseils pour faire des sites web accessibles - Web Accessibility initiative

Conclusion

Prendre en considération la qualité et son suivi est donc une tâche itérative qui peut être, une fois mise en place, traitée de façon légère mais continue. En effet, un ensemble d’actions, même minimes, est efficace sur la durée.

L’étape à soigner est surtout la mise en place du chantier amélioration continue de la qualité, la sensibilisation des esprits, les outils et méthodes d’action et de suivi.

Liens :
Voir aussi :

* Mémento des Bonnes Pratiques dans sa version rouge… pas dans sa nouvelle version… moi, j’dis ça…
(hi hi hi)