Interview d’un intégrateur/webdesigner

Cette entrée en matière, est en fait un mail que j’ai reçu. Voici l’interview qui en est sortie.

Bachelière en 1995 du Bac L, titulaire de 2 licences (histoire des arts et arts plastique), comment en êtes-vous arrivé au multimédia ?

Depuis le début de mes études, mon objectif a toujours tourné autour de la communication par l’image (publicité, sémiologie…). Lorsque je me suis acheté mon premier ordinateur, je me suis naturellement tournée vers Photoshop. Comme, parallèlement, je découvrais un nouveau média, Internet, je me suis immédiatement intéressée au webdesign.
Et voilà comment j’ai « basculé » vers le monde du web 😉

D’après votre CV, en 2000, vous étiez embauchée chez Axicom Multimédia, comment avez-vous été recrutée ?

Afin de professionnaliser mon projet Internet, je me suis inscrite dans une école, l’Ecole Multimédia, pour y suivre un cursus « Réalisateur multimédia ». Cette formation incluait principalement un stage en entreprise, sur toute l’année.
J’ai donc dû démarcher des sociétés, des « web agency », pour en trouver une prête à m’offrir une place de webdesigner-intégrateur débutant.
Axciom Multimédia faisait partie de ces sociétés. Leur démarche, à mon embauche, m’a parut intelligente. Il ne se sont pas basé sur les quelques réalisations multimédia que j’avais faite -puisque j’étais là pour apprendre à en faire, justement- mais sur mes capacité graphiques. Je leur ai donc présenter mon book d’arts plastiques et c’est sur la base de celui-ci qu’ils ont pû juger s’ils croyaient à un potentiel créatif chez moi.

En tant que professionnelle, diriez-vous que le marché du travail dans la région parisienne est ouvert à de jeunes diplômés ?

Je le crois.
Si nous nous restreignons au domaine de l’intégration web -dont je peux plus facilement parler- les compétences professionnelles sont difficiles à trouver. Ce que je veux dire, c’est que l’intégration est un métier complexe. Un bon intégrateur maîtrise les standards du HTML, les CSS dans ce qu’elles ont de simples mais aussi dans leurs subtilités, a de fortes notions en matière d’accessibilité, de référencement naturel et, en plus, d’ergonomie. Car le métier de l’interface touche à tout ça !
Une équipe qui recrute est sensible à l’ouverture que peut avoir un intégrateur par rapport à tous ces domaines.

Parallèlement, l’intégration est un métier encore jeune. Les personnes arrivés très tôt sur le web on dû se remettre en permanence en question pour se maintenir au niveau professionnel, les choses évoluant sans cesse. Le senior qui n’a pas su le faire aura un profil moins intéressant, campé sur ses positions, que le profil débutant mais en phase avec le web actuel. …Le tout étant de le rester !

Vos attentes et motivations premières du métier sont-elles en adéquation avec la réalité ?

Le métier est encore bien jeune et je n’avais pas une idée précise de ce qu’il était quand je me suis lancée. En fait, le métier est encore assez jeune pour qu’une même dénomination (« intégrateur », « webdesigner », « développeur ») ne veuille pas dire la même chose d’une entreprise à l’autre, d’une personne à l’autre.
Je crois donc que j’ai aussi eu la chance de faire mon métier à mon image et pas l’inverse.

Quelles sont selon vous les qualités essentielles d’un intégrateur/webdesigner ?

C’est un métier dans lequel on est bon que si on est prêt à toujours apprendre et ré-apprendre ce que l’on sait déjà faire.
C’est vrai pour tous les métiers du web, car Internet bouge très vite, les technologies se multiplient, sortent du lot ou tendent à disparaître, les internautes progressent dans la maîtrise du média pendant que des nouveaux débutants arrivent… C’est un métier où il faut être en perpétuelle écoute des changements, des nouveautés, des usages.

Je dirais ensuite qu’il faut être rigoureux. Si le métier peut sembler, de l’extérieur, facile (mettre un joli titre, une jolie image et voilà), il demande en fait une grande conscience de ce qu’est Internet.
Et faire des interfaces pour un média dont le rendu peut-être très différent selon le support de l’internaute (les différents navigateur, le mobile, les lecteurs d’écran, etc.) demande une discipline et une maîtrise du code qui ne sont absolument pas visible pour un regard extérieur, non professionnel.

Quelles sont les compétences requises pour ce métier ?

Connaître simplement le HTML/XHTML et les CSS, en effet, ne suffit pas à un bon intégrateur/webdesigner. Il faut déjà qu’il maîtrise ses développements au travers des standards du W3C. Ensuite, il doit être au fait de l’accessibilité pour avoir des sites de qualité. Des notions d’ergonomie sont un plus important pour aider ses clients dans leur choix et éviter les erreurs. Des connaissances en référencement naturel lui permette de créer des pages déjà optimisées. Enfin, juste quelques notions de développement (PHP, ASP…) lui permettent de mieux comprendre la logique des développeurs avec lesquels ils travaillent et de prendre en compte leurs besoins, dès l’intégration.

Quels conseils me donneriez-vous pour perçer dans ce métier ?

Pour ma part, ce qui m’a réussi, à été de m’intéresser aux standards et aux bonnes pratiques.
Ce que je résume ici en une phrase est en fait tout une manière d’aborder le métier. C’est aussi ce qui a donné à mon profil, par la suite, une qualité d’expertisation.
A une époque où on entendait encore peu parler des standards, à une époque où beaucoup de mises en page se faisait en tableaux, j’ai eu la chance de fréquenter, via le forum Webmaster Hub, par exemple, des gens qui m’ont fait aborder le web d’une autre manière, plus professionnelle, plus tourner vers la prise de conscience des difficultés et particularité de ce média.
Donc le conseil à donner, à mon avis, est d’être en veille permanente pour 1/ saisir les changements et 2/ toujours se professionnaliser.

Etre bon ne suffit pas, encore faut-il que les recruteurs vous trouvent. Le réseau, comme souvent (partout ?), est ce qu’il a de plus efficace. Il ne s’agit pas de se faire connaître en laissant son nom partout et de manière totalement artificielle ! Un réseau se crée naturellement en fréquentant les forums, les événements « IRL », en s’intéressant, tout simplement, ça finit par se voir.

En tant que femme, avez-vous senti une différence de traitement vis-à-vis de vos pairs ?

Non.

Vous avez également exercer votre métier en freelance. Quels ont été les avantages et les inconvénients de ce type d’exercice ?

Mon expérience en tant que freelance est assez courte.
L’inconvénient principal, selon moi, est toute la partie commerciale : trouver ses clients. Mais là encore le réseau et le bouche-à-oreille fait toute la différence et pendant que certains passe un mois à chercher un client, d’autres reçoivent plus de demandes qu’ils ne peuvent en traiter.
Et le plus gros avantage que j’y vois est l’ouverture : à être freelance, on travaille sur des projets différents, pour des clients différents, avec des équipes différentes … La découverte est bien plus grande, on apprend à travailler selon les différentes méthodes des uns et des autres, on s’enrichit plus rapidement qu’autrement et on gagne en souplesse, etc.

Quels a été pour vous le projet le plus enrichissant et satisfaisant ? Pourquoi ?

Difficile de répondre… Certains petits projets anodins ce sont révélés très intéressants parce qu’ils soulevaient une problématique encore jamais rencontrée ; et j’ai aussi eu, à l’inverse, à travailler sur des projets très lourds, stratégiques mais qui du point de vue de l’interface n’était qu’une longue redite.

Je me tourne beaucoup, ces derniers temps, vers des projets qui sont moins « dans la pratique ». Dans cette catégorie là, le projet qui m’a le plus apporter est la rédaction d’un Cahier des charges techniques.
C’est un exercice passionnant parce que très exigent ! Cela oblige à rationaliser son propre travail, à mettre des mots sur des habitudes que l’on a et à trouver pourquoi c’est bien -au besoin, on remet donc en question ces propres façons de faire. Il faut penser à bien tout spécifier… C’est un exercice qui oblige à formaliser le travail de toute une équipe (en fonction des contraintes d’hébergement, de sécurité, des exigences de base) depuis les premières évidences jusqu’aux détails spécifiques.

Vous êtes actuellement embauchée chez Cetelem e-Business. Quels sont vos tâches au sein de cette entreprise ?

J’y suis en tant qu’intégratrice, plus rarement webdesigner ; j’y apporte mes connaissances en référencement naturel et en accessibilité.
Mes tâches comprennent l’intégration de pages, l’accompagnement dans la gestion de projet, le conseil (référencement, interface, ergonomie) sur la conception, la formation interne, la méthodologie de travail (cahier des charges, bonnes pratiques…)

Etes-vous nombreux dans l’équipe ? Quelle est la hiérarchie ?

Nous sommes une petite équipe : deux intégrateurs/webdesigners ; deux développeurs et notre manager. L’équipe est complétée par deux développeurs prestataires depuis déjà plusieurs mois.
Nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe marketing, nos « clients », mais sans rapport de hiérarchie entre-nous.

Quelles sont vos responsabilités ?

Dans notre équipe, chacun est responsable de ses projets. C’est à dire que c’est à nous de gérer leur avancement, de signaler les points d’alerte (difficulté technique, retard, amélioration à proposer), de maintenir informer les personnes concernées par le projet et bien sûr de veiller à leur qualité (qualité du code, maintenabilité, réponse aux attentes). Si notre responsabilité a un cadre limité, elle est par contre très stratégique.

Pourriez-vous me décrire une journée type de travail ?

Il n’y a pas vraiment de journée type de travail …et c’est tant mieux !
Je peux passer des journées, la tête dans mon écran, à finir une intégration importante, comme je peux avoir une succession de petites tâches toutes différentes les unes des autres, alternant intégration, réunion, discussion avec l’équipe marketing, réflexion et méthodologie…
Je dirais tout de même qu’une journée idéale de travail comprend un petit temps pour la veille, qu’elle soit personnelle ou en discutant avec des collègues.

Quels sont les perspectives d’évolution dans ce métier ?

Les voies peuvent être très différentes pour chaque cas : en fonction du profil (plutôt technique, plutôt design), des aptitudes (management, gestion de projet) et des sociétés (grosse SSII, petite webagency, équipe intégrée au sein d’une société dont le métier n’a rien à voir avec le web). A partir de là, je crois que cela dépend beaucoup de la façon dont on va gérer sa propre carrière… Manager d’une équipe de développement, chef de projet/chargé de clientèle au sein d’une webagency, responsable du site au sein d’une entreprise « non-web », spécialiste très pointu dépêché par sa SSII pour des entreprises, expert en interface au sein d’une équipe de conception, etc. Les perspectives sont larges car le métier est riche et demandé dans des circonstances diverses.

Qu’est ce que vous aimez dans votre métier ?

C’est une bonne question. Je me demande souvent ce qui peut bien me faire frémir quand je me retrouve face à mon écran blanc, prête à commencer une nouvelle page.
Une des choses que j’aime dans mon métier, c’est qu’on en a jamais fini d’apprendre. Que le média est encore jeune et que nous sommes, je crois, encore en période de découverte de ce qu’il va devenir.
J’aime aussi que la rigueur à laquelle un tel métier fait appel. Le support est complexe et developper pour Internet signifie avoir bien à l’esprit que l’on a pas la main sur le rendu, la configuration de l’internaute, etc. Pourtant, le résultat final, tel que pour les acrobates, semble simple (c’est même l’un des buts à atteindre, la simplicité de l’interface) et facile.

Qu’est ce que vous n’aimez pas ?

La seule chose que je n’aime pas est de ne pas renouveler mes projets : les projets qui se répètent ou qui se ressemblent ne m’apporte rien. Varier les projets, les demandes, faire face à de nouvelles difficultés, au contraire, est très enthousiasmant.

Et avez-vous des commissions sur certains projets ou certains avantages peut-être ?

Je travaille dans un cadre très déterminé où je suis salariée de mon entreprise. Nous développons donc pour l’équipe, pour la société mais nous n’avons aucune commissions sur les projets. Notre but est de créer des sites, des pages utiles à notre entreprise et c’est pas cet intermédiaire que nous sommes récompensés.

Qu’est-ce que l’ergonomie ?

Quels sont les points auxquels s’attache l’ergonomie, les grands principes de l’ergonomie – spécifiquement pour la navigation sur Internet ?

L’ergonomie s’intéresse à la facilité d’utilisation. En ergonomie informatique, nous nous attachons particulièrement à l’usage des produits interactifs. Quel que soit le média, qu’il s’agisse de web, de logiciel, de PDA ou de téléphone mobile, nos missions visent à mesurer et à améliorer l’utilisabilité du produit. Ce concept, traduit de l’anglais usability , résume la capacité du produit à permettre à l’utilisateur de réaliser efficacement la tâche pour laquelle il a été conçu.

L’analyse de l’ergonomie de navigation sur internet ne diffère pas de celle d’un autre produit interactif : Un site doit permettre au visiteur de trouver rapidement l’information qu’il cherche, de la même manière que le produit doit permettre à l’utilisateur de réaliser facilement la tâche.

A partir de là, la tâche de l’ergonome est simple : Il suffit d’identifier quels sont les freins, les difficultés qui vont empêcher l’utilisateur d’atteindre rapidement l’information qu’il cherche. C’est en analysant la cause de ces difficultés, qu’il identifie les manières d’y remédier et permet ainsi d’améliorer l’utilisabilité du site.

Pouvez-vous nous donner un exemple concret de « frein » que l’on rencontre sur les sites ?

Un frein c’est un problème qui ralentit l’utilisateur dans l’exécution de sa tâche. Par exemple, il ne comprend pas le libellé d’un lien et arrive sur une page qui ne correspond pas à ce qu’il cherche. Il doit revenir en arrière. Il perd du temps et de l’efficacité.

Il arrive aussi que l’utilisateur ne trouve pas le lien qu’il cherche, car il n’est pas suffisamment mis en évidence. Par exemple, sur un site de e-commerce, j’ai observé que certains utilisateurs cherchaient le lien qui permettait d’afficher le contenu du panier.

Un problème que l’on rencontre fréquemment dans les boutiques en ligne est celui de la description du produit qui ne correspond pas aux informations que recherche l’internaute. Il lui manque des renseignements qui lui permettraient de choisir. Sur un site, je me souviens par exemple, que les utilisateurs cherchaient le prix car celui-ci n’était pas suffisamment mis en évidence.

Parfois le designer pêche par excès. Des éléments visuels ou textuels masquent l’information importante aux yeux de l’utilisateur. Il cherche, filtre les données affichées pour isoler ce qui l’intéresse. Bref, il perd du temps inutilement. Le test utilisateur permet d’identifier ce type de problèmes. Ces difficultés freinent l’utilisateur dans son cheminement sur le site et contribuent à une mauvaise expérience. Au contraire, lorsque ces freins ont été éliminés, la navigation sur le site est fluide. Elle semble naturelle à l’utilisateur qui est plus enclin à revenir.

Ces principes, comment les a-t-on mis en place ? Comment en vérifie-t-on la fiabilité, l’efficacité ?

En fait, on ne parle pas de principes mais de « critères ergonomiques ». Il s’agit d’un ensemble de critères qui vont permettre d’évaluer l’utilisabilité d’un produit interactif. Un chercheur français, Ch. Bastien de l’INRIA, a élaboré une liste de critères qui fait référence [1]. Ces critères s’appuient sur le fonctionnement psycho-cognitif de l’individu. Ils sont initialement issus de l’expérience des chercheurs du domaine. Ch. Bastien a ensuite mené plusieurs expérimentations qui ont permis de les valider.

A dire vrai, les critères présentent l’intérêt de permettre à un ergonome expérimenté d’identifier les problèmes d’utilisabilité potentiels et donc de lever des difficultés d’utilisation par une simple analyse du logiciel. Ils nous évitent la mise en œuvre, parfois complexe, d’un test avec les utilisateurs finaux.

Toutefois, peu importe le nom qu’on leur donne et les principes auxquels ils se réfèrent, les véritables problèmes d’ergonomie sont ceux qui rendent le logiciel difficile à utiliser, ceux qui freinent l’utilisateur dans sa tâche. C’est en ce sens que le test utilisateur reste à mon avis, la meilleure manière d’évaluer l’ergonomie d’un produit interactif, car il permet d’observer les véritables problèmes que rencontre l’utilisateur lorsqu’il se sert du logiciel.

Qu’est-ce qu’un test utilisateur ? Comment cela est-il organisé et quel genre de résultats recherche-t-on ?

L’organisation d’un test se fait en trois étapes. Dans un premier temps, nous identifions avec le concepteur ce qu’il souhaite évaluer par le biais du test : certaines fonctionnalités du site, le ressenti de l’utilisateur sur certains points, etc. Dans un second temps, nous recrutons les utilisateurs en sélectionnant des internautes correspondant au profil visé par le site. Puis une session de test est menée avec chaque utilisateur.

A l’issue des tests, nous présentons à l’équipe projet une synthèse des résultats, illustrée au moyen de captures d’écran, enchaînements fonctionnels d’écrans (cinématique) et verbatims d’utilisateurs. Les difficultés rencontrées par les internautes sont décrites et des recommandations sont proposées afin d’y remédier. Généralement, lors de la restitution, les solutions préconisées sont analysées, et parfois revues, afin de prendre en compte les contraintes de développement.

En quoi l’ergonomie telle qu’elle est présente dans notre quotidien (voiture, appareils, etc.) peut-elle se retrouver dans la conception d’un site Internet ?

Les critères ergonomiques qui vont faciliter notre utilisation des objets de tous les jours : guidage, homogénéité, concision , etc. vont contribuer de la même manière à l’ergonomie des sites web.

La navigation Internet est probablement le domaine où les règles d’ergonomie de la vie de tous les jours s’appliquent le mieux. En effet, ce sont les mêmes principes ergonomiques qui vont s’appliquer qu’il s’agisse de permettre à un individu de se repérer dans une ville, dans les couloirs d’un immeuble ou sur un site web. Pour qu’il puisse se repérer, l’utilisateur doit savoir se situer par rapport au reste et comprendre par où il est passé.

La difficulté sur Internet est que l’utilisateur arrive directement sur la page qu’il cherche, à plus forte raison lorsqu’il se sert d’un moteur de recherche, sans passer par les pages intermédiaires. Contrairement au monde réel, il ne découvre pas progressivement le site dans lequel il se déplace.

Quelle est la part de l’ergonome dans la conception d’un site Internet ? N’est-il pas amené à travailler étroitement avec d’autres intervenants ?

Au démarrage, nous intervenons généralement dans la conception d’un site en collaboration avec l’équipe marketing pour définir l’architecture de communication du site. En interviewant les futurs utilisateurs du site, nous identifions leurs attentes et leurs besoins par rapport aux services qui seront mis en œuvre sur le site. Il nous arrive également de mener une analyse ergonomique des sites concurrents afin de construire le design du nouveau site en évitant les erreurs des concurrents.

Nous travaillons avec le web designer à la fois sur la charte graphique et sur l’architecture du contenu du site. Sur ce dernier point, il nous arrive de mener des séances de « tri par carte » pour construire la structure du site du point de vue des utilisateurs (voir Conseils en ergonomie informatique : Tri par carte , pour une description de la méthode).

Finalement, nous menons une série de tests d’utilisabilité avec les utilisateurs du cœur de cible afin d’identifier les problèmes d’utilisabilité avant de mettre le site en production.

Comment devient-on ergonome informatique ? Existe-t-il des formations ?

Il existe assez peu de formation pour devenir ergonome informatique. Les deux formations les plus connues à Paris sont le DESS « Ergonomie et conception des systèmes de production » de Paris 1 Sorbonne et le DESS « Ergonomie » de Paris 5 (voir aussi CNAM – DEA d’Ergonomie pour une liste de l’ensemble des formations en ergonomie). Il s’agit généralement de formations complémentaires à un cursus d’informatique ou un cursus de psychologie.

A mes yeux, ces formations manquent encore aujourd’hui d’ouverture. En effet, le métier d’ergonome informatique est typiquement un « métier d’interface ». Il est souvent au cœur des débats lors de la conception. C’est pourquoi, il nécessite non seulement, une meilleure compréhension des différents métiers intervenant dans la réalisation d’un produit interactif, mais aussi une sensibilité forte au coté subjectif de l’interaction.

De mon point de vue, une véritable formation d’ergonome informatique devrait également enseigner le marketing et les techniques de communication, mais aussi et surtout la création artistique et l’histoire de l’art tout comme le font les écoles de design. En effet, n’est-ce pas la finalité du métier d’ergonome que d’accompagner le designer dans la conception du produit ?