Les basiques de la protection de données personnelles

Cet article a été initialement rédigé pour le blog d’ekino.

Trois femmes dans une loge de théâtre, l’une regardant avec des jumelles, Constantin Guys

À l’occasion de la journée internationale de la protection des données, mon collègue Maxime et moi avons rédigé un article orienté sur nos données personnelles, nos outils, nos habitudes et comment améliorer notre propre protection.

Nous nous sommes concentrés sur ce que seraient les premiers pas, en proposant des solutions accessibles aux profils non techniques. On n’a pas toujours des produits aussi faciles à utiliser que ceux des grands acteurs qui aspirent nos données mais, justement, on vous propose des solutions qui sont sur un autre modèle économique !
À vous de voir lesquels vous correspondent et ceux pour lesquels vous  n’êtes pas prêts.

Nous avons limité cet article (qui est finalement déjà bien long) à ce qui nous paraissait à la fois prioritaire et facile (techniquement mais aussi dans l’usage).

Pourquoi protéger ses données ? 

Vaste question ! Il faudrait plus qu’une introduction dans un article pour bien développer les raisons, donner des exemples concrets (qui hélas ne manquent pas).

Pour résumer grossièrement, nos données personnelles sont récoltées en masse pour être revendues (car oui, nos profils rapportent de l’argent à ceux qui les exploitent).

Elles permettent de tirer des conclusions sur nous : nos opinions politiques, notre statut amoureux, nos orientations sexuelles, nos amis, ce qui nous agace… Ne doutez surtout pas du fait que Facebook vous connaît (même si vous n’avez jamais créé de compte !) et que Google en sait plus sur vous que votre meilleur ami, voire que vous même.

Ces connaissances ne permettent pas seulement de vous vendre des produits ciblés (ah, la consommation de biens dont on ne savait pas qu’on en voulait !) mais aussi à vous influencer.

Les gouvernements, selon les lois locales, peuvent avoir accès à tout ou  partie de ces informations et récolter les leurs, à l’instar de la loi américaine qui permet au gouvernement d’accéder à tout ce que Facebook ou Google, par exemple, ont récolté sur une personne. Les dernières années ont prouvé que même les démocraties peuvent avoir un usage politique et excessif de ce pouvoir. Ne parlons même pas des possibilités que cela laisse aux régimes dictatoriaux et des conséquences dramatiques que  cela peut avoir.

Ajoutons à cela que le fait de se savoir surveillé change les comportements (et non, pas que les “mauvais” comportements), bride la créativité, l’expression de soi et l’innovation.

Bambou, Kishi Ganku

Beaucoup de ressources existent si vous voulez creuser le sujet. Nous vous renvoyons, par exemple vers :  

  • Cette conférence qui, en moins de treize minutes, vous convaincra mieux que notre petit paragraphe : Darknet, le grand malentendu ? par Jean-Philippe Rennard.
  • Le documentaire Nothing to hide (VOST) de Marc Meillassoux et Mihaela Gladovic, disponible gratuitement qui parle de surveillance gouvernementale et du citoyen X, qui pense que ce n’est pas très grave qu’on ait accès à ses données.
  • Le livre Surveillance:// de Tristan Nitot pour comprendre en quoi il y a des problèmes derrière les outils que nous utilisons.
  • Ou encore un site qui explique pourquoi il y a beaucoup de choses à redire quand quelqu’un avance “Je n’ai rien à cacher”. 

Alors comment commencer à protéger ses données ?

Le navigateur est votre porte d’entrée sur Internet : la sécurité de vos données personnelles dépendra des verrous activés sur celui-ci. Les navigateurs sont assez inégaux dans les protections, soit par choix politique soit parce que la configuration par défaut n’est pas suffisante. Voici une liste de navigateurs à adopter si vous souhaitez faire le premier pas dans un monde plus sûr pour vos données.

Firefox

Firefox de Mozilla est un des meilleurs navigateurs disponibles qui combine de bonnes fonctionnalités de sécurité des données, une sécurité accrue et des mises à jour régulières. Ce n’est plus le navigateur lent et lourd que l’on a connu, il est désormais rapide et léger.

Concernant la sécurité de nos données, Firefox bloque par défaut :

  • les traceurs, qui sauvegardent votre passage sur les sites web pour vous proposer une navigation personnalisée ;
  • les cookies tiers, sur lesquels s’appuie la pub personnalisée ;
  • les cryptominers, ces scripts qui utilisent les ressources de votre ordinateur pour miner des crypto monnaies à votre insu ;
  • Les fingerprinter, ces outils qui permettent d’identifier très précisément un utilisateur notamment à partir de son ordinateur et de la configuration de son navigateur (version, extension, taille de l’écran…).
Brave

Brave est un navigateur développé à partir de Chromium, la partie open source de Google Chrome (celle qui ne revend pas de données personnelles). Il a de gros avantages par rapport aux autres navigateurs basés eux aussi sur Chromium (Vivaldi par exemple)  :

  • Il bloque les traceurs et les pubs/cookies par défaut. Une exception est faite aux campagnes de pubs validées par Brave. Celles-ci ne vous ciblent pas grâce à vos données mais vous sont proposées sur les sites en rapport avec la campagne.
  • Son moteur de recherche par défaut n’est pas Google mais Qwant.
  • En navigation privée, il est possible d’utiliser le réseau Tor (voir ci-dessous) sans avoir à effectuer de configuration supplémentaire. C’est une entrée facilitée aux néophytes pour naviguer totalement anonymement sur Tor.
Tor Browser

Tor Browser est le navigateur officiel du projet Tor. Pour faire simple, Tor est un réseau permettant de naviguer anonymement : chaque requête à un site web passe par plusieurs serveurs avant d’atteindre le site cible, ce qui empêche le site web de connaître le visiteur. Ainsi, les traceurs et cookies personnalisés sont automatiquement invalidés. C’est le navigateur ultime pour protéger son identité et ses données en ligne. Cependant, son fonctionnement implique des temps de chargement plus longs et donc une navigation plus lente.

Tor browser est installé par défaut avec des extensions protectrices (HTTPS Everywhere et NoScript, voir ci-dessous dans la partie sur les extensions) et son moteur de recherche par défaut est DuckDuckGo (notre recommandation, voir plus bas).

Comment naviguer sur mon téléphone

Chacun des navigateurs présentés ci-dessus a une version mobile ayant les mêmes caractéristiques et avantages. Notez qu’utiliser un même navigateur dans ces deux contextes vous permet de synchroniser vos données utilisateurs entre vos appareils. 

Cependant, ils existent des navigateurs ayant une version mobile exclusive :

  • Firefox Focus est une version de Firefox avec des options de sécurité propres aux smartphones. En plus de bloquer les traceurs, cookies et publicités, il est possible d’activer un mode furtif qui empêchera les captures d’écran et masquera votre navigateur dès que vous changerez d’application. Il est même possible de verrouiller l’application dès lors que vous verrouillez votre téléphone ou changez d’application.
  • DuckDuckGo browser est le navigateur mobile créé par le moteur de recherche du même nom. Il partage les mêmes valeurs que Firefox pour le respect de la vie privée.

Pour améliorer tout ça, les extensions

Malgré la sécurité de votre navigateur, le Web est plein de gens malveillants. Pour éviter de se faire avoir et éviter les traceurs restants, il existe des extensions navigateurs.

  • HTTPS Everywhere 
    • Force la communication via HTTPS avec un site web dès que celle-ci est possible. Cela permet de s’assurer d’une connexion  sécurisée avec le site consulté.
  • uBlock Origin 
    • Bloque les requêtes faites vers des services tiers de tracking, de pubs, etc.
    • Se base sur des listes de domaines mises à jour par la communauté.
  • PrivacyBadger
    • Désactive les traceurs présents sur les sites.
    • L’extension ajoute un traceur à sa liste s’il le croise sur trois sites différents.

L’installation est simple mais leur utilisation peut s’avérer déroutante, elles peuvent potentiellement empêcher la navigation sur certains site mal construits qui chargent des éléments de publicité avant la structure du site lui même (particulièrement Privacy Badger et uBlock Origin). Si cela vous arrive, il suffit de les désactiver pour le site en question; vous pourrez continuer votre navigation.

Des recherches en tout anonymat

Le moteur de recherche par défaut sur un navigateur est (quasiment) toujours Google. Dans l’optique de contrôler et de refuser que vos données ne soient utilisées, il est vivement conseillé de changer de moteur de recherche pour un des suivants.

DuckDuckGo

DuckDuckGo est LE moteur de recherche pour votre vie privée. Il agit comme un intermédiaire avec Google empêchant ainsi ce dernier de récupérer vos informations.

  • Il ne stocke aucune donnée de recherche et n’utilise aucun traceur.
  • Il n’affiche aucune publicité ou résultats sponsorisés dans les résultats de recherche.
  • Les résultats de recherche sont très acceptables.

Le stockage

Les “CHATONS”

“Chatons” est un acronyme pour  le Collectif des Hébergeurs Alternatifs Ouverts Neutres et Solidaires”. Un chaton, à l’instar de Google mais avec moins de moyens, vous proposera un certain nombre de services. Un moteur de recherche est disponible sur le site pour choisir en fonction de ses besoins, du prix, du public, etc.

Un “cloud” personnel

Parmi les différentes possibilités, nous proposons de vous présenter Nextcloud. Nextcloud est un outil auto-hébergé permettant de remplacer des outils comme Google Drive en proposant une solution de stockage, de l’édition partagée de documents, un calendrier, un client mail, de la messagerie instantanée et même un chat vidéo (entre autres !)

Son premier avantage est d’être un logiciel libre, il est gratuit et open source. C’est-à-dire que son code source ainsi que celui des applications mobiles Nextcloud sont consultables par n’importe qui et tout le monde peut participer à l’amélioration du produit.

Son deuxième avantage est sa grande communauté participant au développement de l’écosystème de l’outil. Il existe des applications pour ajouter une application de carte, un lecteur de musique ainsi que pour synchroniser vos SMS avec votre instance Nextcloud. Toutes développées par des utilisateurs.

Par contre, Nextcloud va vous demander un peu plus de manipulation : soit créer un compte chez un hébergeur qui le propose (un des hébergeurs partenaires ou un “chaton”). Si vous êtes plus technique : installez votre propre instance Nextcloud sur un serveur, un ordinateur local ou un Raspberry Pi.

Liens et références

La famille du peintre, Henry Brokman

Une infographie pour comprendre le cadre législatif de l’accessibilité numérique en France en 2019

Cet article a d’abord été publié sur le blog d’ekino ; je l’ai en effet écrit dans le cadre de mon travail en tant qu’employée.

Chaque internaute doit pouvoir accéder aux informations et services des applications web qu’il consulte. L’accessibilité numérique avec ses règles s’assurent que cela soit vrai.

En cette année de textes de loi sur l’accessibilité numérique, l’équipe Accessibilité d’ekino a voulu débroussailler tout ça. Nous nous sommes dit qu’une infographie nous aiderait tous à y voir plus clair.

Cette infographie est pensée comme une suite de questions que vous pourriez vous poser. Pour chacune, une réponse claire et concise. Suivez le guide !

Merci à Aurélien Lévy de Temesis et Stéphane Deschamps d’Orange pour leur aide et relecture.

Accessibilité Cadre législatif 2019

Est-ce que je suis concerné ?

Oui, si je suis :

  • un service d’État ;
  • une collectivité territoriale ;
  • un établissement public ;
  • une organisation légataire d’une mission de service public ;
  • une entreprise privée dont le chiffre d’affaires en France est supérieur ou égal à 250 millions € (chiffre d’affaires calculé par unité légale sur la base de la moyenne du chiffre d’affaires annuel réalisé en France des trois derniers exercices comptables précédant l’année considérée) ;
  • une organisation créée pour satisfaire un besoin d’intérêt général.

Je peux aussi me sentir concerné :

  • si je risque la discrimination (pages d’embauche, outils de travail) ;
  • si je veux prendre en compte l’accessibilité (principe, image, éthique, audience, etc.)

Ça s’applique à quels supports ?

  • Sites internet, intranet, téléphone, TV, appli métier, appli web, progiciel et mobilier urbain

Ah ben, oui alors. Je dois faire quoi ?

Déclaration d’accessibilité

  • État de conformité
  • Calcul du taux d’accessibilité
  • Lien vers le rapport d’audit
  • Liste des contenus non-accessibles et pourquoi
  • Date de la déclaration et de la mise à jour
  • Retour d’informations et de contact
  • Voies de recours
Quelle norme je dois suivre ?
  • Pour tous :
    • Norme européenne EN 301 549 Recommandations émises par l’ETSI (European Telecommunication Standards Institute )
  • Pour une entreprise privée, au choix :
    • Cette même norme européenne EN 301 549
    • Norme internationale WCAG 2.1 AA Recommandations émises par le W3C (Word Wide Web Consortium)

Et je peux m’aider du RGAA 4 pour en savoir plus.

Schéma pluriannuel

  • Plans d’action annuel (Ex : stratégie, référent, ressources, formation, sensibilisation, organisation, choix des prestataires, tests utilisateurs, mesures prises, bilans, etc.)

Et c’est pour quand ?

Dates s’échelonnant du 23/09/2019 au 01/07/2021 selon critères. Ex : le 1er octobre 2019 pour un site du secteur privé qui n’existait pas auparavant (1er octobre 2020 sinon).

En détail

Tous les acteurs concernés, sauf les entreprises privées :

  • Site internet, intranet, extranet
    • Existant depuis le 23 septembre 2018 : ⇾ le 23 septembre 2019
    • Existant déjà avant le 23 septembre 2019 : ⇾ le 23 septembre 2020
  • Téléphone, TV, appli métier, appli web, progiciel et mobilier urbain ⇾ le 23 juin 2021

Entreprises privées concernées :

  • Site internet, intranet, extranet
    • Existant depuis le 01er octobre 2019 :⇾ le 01er octobre 2019
    • Existant déjà avant le 01er octobre 2019 : ⇾ le 01er octobre 2020
  • Téléphone, TV, appli métier, appli web, progiciel et mobilier urbain ⇾ le 01er juillet 2021

Sinon ? Je risque des sanctions ?

Oui. (Jusqu’à 20 000 € par site / an.)

À propos

Cette infographie est un résumé vulgarisé du cadre législatif de l’accessibilité numérique en France en 2019. De nombreux détails et précisions ne sont pas présents.

Sources et références

♥️ Remerciements : Aurélien Lévy, Temesis ; Stéphane Deschamps, Orange ; Baptiste Feuillâtre, ekino

Mise à jour : octobre 2019 V.1.1 – Licence CC BY SA – Delphine Malassingne, ekino

Interview radio autour des mots de passe

Durant les Journées du Logiciel Libre, où je donnais une conférence sur les mots de passe, j’ai été interviewée par Benoît, de Radio Pluriel.

L’émission est disponible en ligne sur le “replay” de Radio Pluriel ; cliquez sur “jeudi” puis c’est tout en bas “23H Culture numérique, présenté par Benoît Prieur“. (Mon passage est à 30:20 mais rien ne vous empêche d’écouter toute l’émission ! Ça parle des JDLL et de inventaire.io)

Sensibilisation à l’accessibilité numérique

Cet article a d’abord été publié sur le blog d’ekino ; je l’ai en effet écrit dans le cadre de mon travail en tant qu’employée.

Dans le cadre du GAAD 2018, journée mondiale consacrée à la sensibilisation autour de l’accessibilité, ekino organise, le 17 mai, un meetup dans ses locaux, dédié à l’accessibilité.

Avant cet événement, il nous a paru judicieux de faire quelques rappels autour des notions d’accessibilité numérique, de situation de handicap et de contexte d’utilisation.

Situation de handicap et déficience physique

En tout premier lieu, il nous paraît important de différencier la situation de handicap de la déficience physique. Prenons un exemple simple : une personne en fauteuil roulant est en situation de handicap face à un escalier. Mais, assise devant son ordinateur pour surfer sur Internet, elle est dans la même situation qu’un valide (une personne sans déficience physique), accédant parfaitement à son outil.

Contexte d’utilisation

C’est souvent le contexte d’utilisation qui détermine si on navigue en situation de handicap ou non.

Un écran qui rend l’âme, une souris dont les piles sont épuisées, un grand beau soleil qui éclaire l’écran de notre mobile, autant de contexte qui peuvent nous mettre en situation de handicap : naviguer sans voir, naviguer au clavier, être dépendant de la qualité des contrastes de couleurs.

L’aide technique

Une aide technique, c’est un dispositif qui va palier à une déficience (physique ou autre) pour éviter une situation de handicap. Un exemple courant : les lunettes de vue sont une aide technique qui palit à une déficience physique pour éviter le flou, le trop petit. Autre exemple : le lecteur vocal est une aide technique qui permet de naviguer sur Internet en se faisant lire les pages et en activant les liens via des touches et non des clics de souris.

Rendre accessible

En fait, toute personne qui navigue sur Internet le fait via un dispositif technique. Que ce soit un lecteur vocal, visuel (comme votre Google Chrome, Internet Explorer, Firefox, etc.) ou encore un robot d’indexation sur lequel vous compter pour donner de la visibilité à votre site, c’est toujours via une machine qu’on accède au web.

Rendre un site accessible, c’est donc rendre un site accessible à une machine – celle choisie par l’utilisateur – qui restitue alors les pages à l’utilisateur. Or, pour que notre site soit compréhensible par les machines, les recettes sont « simples » : respecter les standards.

Standards d’accessibilité

Les standards du web sont émis par le W3C. Le but est que les différents acteurs se réfèrent à des normes communes pour éditer et restituer des pages web. Au sein du W3C, un groupe dédié à l’accessibilité, le WAI, édite des spécifications comme, par exemple, les WCAG.

Les bénéfices

Mais du coup, si les sites sont « consommés » par des machines qui les restituent à des humains, et que ces humains sont dans des contextes toujours différents (déficience, contexte, panne temporaire, environnement, outils utilisés, etc.), toutes les machines bénéficient de l’accessibilité ? Oui. Et donc en visant l’accessibilité on vise un maximum de contextes d’utilisation ? Oui.

Notez qu’en dehors de l’audience, l’accessibilité favorise aussi l’utilisabilité, la portabilité, le SEO, l’image de marque, etc.

Quelques liens

C’était, bien sûr, un rapide panorama d’introduction à l’accessibilité numérique.
Autour de cette thématique, retrouvez notamment :

Les « makers » de demain

Cet article a d’abord été publié sur le blog d’ekino ; je l’ai en effet écrit dans le cadre de mon travail en tant qu’employée.

La [Coding School][1] est une structure qui a décidé de faire de nous des makers, des acteurs de notre quotidien, en utilisant les technologies à notre disposition. Si elle s’adresse aux enseignants, aux chercheurs d’emploi, aux salariés, etc., l’école s’adresse aussi aux enfants, à partir de 7 ans.

Le mois dernier, j’ai eu l’occasion de parler avec Sylvain Zyssman, de la Coding School, mais surtout avec Kylian, 14 ans, participant aux activités de la Coding School, et avec sa petite sœur, Aélita, 10 ans.

Kylian et Aélita sont des makers ; selon les propres mots de Kylian, ils “fabriquent des choses pour leur quotidien”.

Ce qui est ressorti de cette conversation raisonne avec nos métiers numériques (et peut-être encore plus pour ceux qui sont parents). En effet, les enfants sont les innovateurs de demain. Sans même parler d’innovation, les métiers qu’ils exerceront n’existent probablement pas encore [(1)][2]{#RetourNote1} mais on peut d’ores-et-déjà les y préparer.

Le parti-pris de ce type d’école, c’est de faire connaître aux enfants les technologies et leur montrer qu’ils peuvent les comprendre et s’en servir. À coup de visual programming, d’imprimante 3D, de servomoteur, ce sont des chaussures qui s’allument, des gamelles de chat qui préviennent quand elles sont vides ou des catapultes à compte-à-rebour par LED. Peu importe la finalité, on ouvre ainsi des portes dans l’esprit des enfants qui, plus tard, imagineront des usages – auxquels nous n’aurions jamais pensé – sans même se creuser la tête.

Et les enfants ne pensent pas qu’à jouer ! Lors de Coding Camp, ils ont imaginé un sac-à-dos équipé d’un accéléromètre et d’un feu stop qui s’allume automatiquement quand l’enfant freine à vélo. Ailleurs, on a vu des enfants concevoir une veste qu’ils destinent aux malvoyants et qui vibre quand on s’approche d’un mur.

Lors de notre conversation, Kylian me sort de sa boîte à outil un traqueur solaire et m’explique que, grâce à trois photorésistances qui vérifient qu’elles ont la même luminosité et entraînent un déplacement si ce n’est pas le cas, on peut optimiser la meilleure exposition possible au soleil.

Si toutes les inventions des enfants ne nous seront pas utiles (mais qui oserait dire qu’un tweet envoyé à chaque fois que le chat va dans sa litière n’est pas nécessaire à l’Humanité ?), leur ouvrir les portes des nouvelles technologies, de l’innovation et du pouvoir de faire soi-même est déjà énorme.

En apprenant des nouveaux outils, des nouvelles compétences, les enfants prennent confiance en eux, parfois en réalisant des choses que leurs parents ne savent pas faire, parfois en acquérant un savoir-faire qui leur sera utile par ailleurs mais qu’on avait pas pensé à leur apprendre (comme Aélita qui fait maintenant de la soudure).

On l’a vu, les enfants mettent ça à leur service (comme des chaussons qui s’allument la nuit) mais aussi au service des autres (des gants qui retranscrivent la langue des signes). La manipulation des nouvelles technologies devient aussi évidente pour eux que l’utilisation de réseaux sociaux l’a été pour la génération les précédant. De là, inventer les usages qui vont avec viendra naturellement et, comme ils auront les savoir-faire pour, ils pourront concevoir et produire ; être des makers.

Le projet en cours de Kylian : un bras articulé composé d’un arduino, de cinq moteurs et d’une led, programmé pour être contrôlé depuis le mobile par bluetooth.

Aller plus loin :

Des petits moines, des photos et des textes

Les petits moines – LivreAvec Jean-François, on s’est lancé dans un petit projet : un livre de photos accompagnées de textes.

Tout est parti de là :
Jef s’est amusé à prendre en photo des figurines de petits moines souriants et sereins. Stef a dit “Oh, tu devrais en faire un livre !” (1). Cathy a dit “Ah oui, si tu le fais, j’en prend un !”.
Je crois que l’idée a mûrit dans sa tête et, quelques semaines plus tard, il me demandait de faire des calligraphies pour accompagner les photos.

Le défi, c’était de trouver la juste proportion : de faire des textes qui avaient eux-mêmes une âme mais qui restaient dans le même esprit que les photos : simples, sans chi-chi mais élégants (bon, ben vous me direz si c’est réussi ou pas selon vous 😀 !)

Quant à la rédaction des textes, j’ai été surprise : je n’ai eu qu’à regarder chaque image pour me laisser dicter par le petit moine ce qu’il était en train de nous dire sous sa fleur, à côté de son caillou, sur une souche de bois, etc.

Le résultat (je vous passe la période angoissante du choix de l’imprimeur, du papier, de la couverture, etc.), c’est un joli (2) petit livre (entre un A5 et un A4), avec une couverture qu’on a choisit matte et tramée pour aller avec le côté nature des photos) que nous vendons en auto-édition.

Faire un livre, comme ça, à partir de ses “créations” a vraiment été pour moi quelque chose de très plaisant. Si vous êtes vous-même tenté (par un livre ou toute autre réalisation), je vous conseille de le faire ! C’est stimulant et rigolo (pour peu qu’on ne le prenne pas trop au sérieux (mais hé, les petits moines étaient là pour nous rappeler à la sagesse 😉 !)

(1) Du coup hop, obligé de nous faire la préface 😉 Merci encore Stéphane. ‐ Retour

(2) Ben moi je l’aime bien, quoi. C’est tant mieux d’ailleurs ! ‐ Retour

Les petits moines
Jean-François Renauld et Delphine Malassingne
62 pages
47 photos en couleurs – 45 textes
24 x 16,5 cm – Couverture souple
20 €
Auto-édition

Pages intérieures

Mise à jour :
J’ai un site dédié à mes activités artistiques.

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À propos du contraste de couleurs de texte

Cet article a d’abord été publié sur le blog d’ekino ; je l’ai en effet écrit dans le cadre de mon travail en tant qu’employée.

Ce que disent les spécifications

Pour assurer la lisibilité, la couleur de texte doit être suffisamment contrastée par rapport à sa couleur de fond.

Cette limite est fixée par un ratio minimum à respecter entre les deux couleurs.

Pour plus de détails, voir :

Comment respecter ce ratio ?

Ce ratio varie en fonction des référentiels et des niveaux visés.

Voici un tableau pour vous aider à voir, d’un coup d’œil, le ratio qui vous concerne.

Pour respecter la règle…pour du texte de type…le ratio minimum est de…
Opquast Checklist1, 2 et 3Grand texte3:1
Opquast Checklist1, 2 et 3Texte courant3:1
WCAG 2.0 – AccessiwebAA / ArgentGrand texte3:1
WCAG 2.0 – AccessiwebAA / ArgentTexte courant4,5:1
WCAG 2.0 – AccessiwebAAA / OrGrand texte4,5:1
WCAG 2.0 – AccessiwebAAA / OrTexte courant7:1

Pourquoi s’occuper de contraste de couleurs

La lisibilité est un critère important de l’expérience utilisateur. Elle contribue à rendre le site utilisable et agréable.

Chaque utilisateur peut être concerné par la question du contraste :

  • un daltonien(8% de la population mondiale masculine (et 0,5% de la population mondiale féminine)) ;
  • une personne avec une mauvaise vue ;
  • un “mobinaute” avec un faible contraste sur son écran du à l’ensoleillement(32 millions de mobinautes en France(1)) ;
  • etc.

(1) 2012 http://www.proximamobile.fr/article/la-france-compte-plus-de-32-millions-de-mobinautes

Comment mesurer le contraste ?

Des outils permettent de connaître le ratio entre deux couleurs. Certains vous aident même à trouver une couleur approchante mais valide quand la vôtre ne respecte pas le ratio minimal.

Pour vérifier un contraste :

 L’outil Colour Constrast Analyser – La validation est indiquée pour 4 niveaux de validité.

 L’outil Contrast Ratio – La pastille vous indique le ratio entre deux couleurs.

Pour trouver une couleur :

 L’outil Tanaguru Contrast-Finder – Proposition de couleurs alternatives pour respecter le ratio.

Aller plus loin

Si cet article n’a pour but que de vous donner des réponses rapides à des questions pratiques, vous pourrez en apprendre plus dans l’article « Contraste de textes », par Nicolas Hoffmann (sur OpenWeb).

Infographie récapitulative

Téléchargez, imprimez, affichez et partager notre infographie récapitulative sur le contraste de couleurs de texte. Un outil pratique pour savoir en un coup d’œil quel contraste respecter.

 Infographie sur les contrastes de couleurs de texte, à imprimer et partager

Remerciements et réutilisation

Je remercie Damien Berseron et Romain Emonet.

Si vous utilisez cette infographie, distribuée sous licence CC BY 3.0 FR (2), nous en serions ravis ! Vous pouvez nous le faire savoir via notre compte Twitter par exemple : @3k1n0 ou via les commentaires ci-dessous.

(2) Cela signifie que vous pouvez partager et adapter ce contenu, sous réserve que vous attribuiez la source à « Ekino – http://www.ekino.com/ » et que vous indiquiez les modifications apportées.

Internet et société : la responsabilité des professionnels

Parmi toutes les conférences que j’ai vues et aimées cette année à Paris Web, certaines m’ont particulièrement marquée par rapport à leur thématique. En effet, il me semble que plus d’une présentation nous renvoyait à notre responsabilité en tant que professionnels et utilisateurs d’Internet.

« La rencontre entre hacktivisme et sociétés civiles, un enjeu pour les libertés numériques » d’Amaëlle Guiton m’a permis de rattraper un retard que je cachais honteusement. Mais pas que ; loin de là.

Nous vivons, avec l’arrivée somme toute récente d’Internet, une nouvelle révolution après celle de l’imprimerie (je n’invente pas cette belle image mais reprends ce que j’ai entendu). Notre capacité à communiquer avec toute la planète et à transmettre est sans limite. Sans limite ? Le politique a bien compris le pouvoir que donne Internet et se pose les questions de ces limites. Mais se pose-t-il les bonnes questions ? Internet n’est pas une question politique. Internet est un support qui équipe la société et la société (civile, mondiale) ne doit pas le laisser lui échapper pour être contrôlé par un pouvoir politique, soit-il capitaliste, anarchiste, socialiste ou tout autre -iste.

Internet est un outil qui équipe la société. Il ne doit pas être récupéré par le mercantile et le politique

Oui, mais Internet, c’est compliqué. Comprendre en quoi la liberté du Net c’est important (cf. « Vers une nouvelle éthique » de Xavier Mouton-Dubosc), ce n’est pas (encore) à la portée de ma mère, mon voisin, mon boucher qui a autre chose à faire. Les enjeux de la liberté individuelle et de la vie privée vont bien plus loin que le “je n’ai rien à cacher” de ma cousine lycéenne et de mon épicier réac’.

Mais nous, professionnels du web, nous sommes bien mieux placés que les politiques pour comprendre notre média et ses possibilités. Nous nous y intéressons, connaissons sa mécanique, sommes consommateurs et acteurs. Il reste encore un rôle que nous pourrions choisir de revêtir : vulgariser et transmettre.

Si nous ne le faisons pas, c’est TF1 qui le fera.

Mais que transmettre ? À mon sens et en m’appuyant sur les conférences qui ont motivé ce billet, je dirais :

  • En quoi Internet est notre – nous, les citoyens du monde – média, fait de nos données ?
  • Comment le monde mercantile utilise et pourrait utiliser Internet (nos données) ?
  • Que souhaite-t-on qu’Internet devienne ? Projetons-nous dans 100 ans.

Dans cette révolution que nous vivons, depuis les premiers rangs pour les professionnels que nous sommes, nos actes et nos non-actes seront la cause de ce que sera Internet demain.

À nous de nous emparer d’Internet avec recul et discernement.

Car Internet est un nouvel eldorado pour notre monde capitaliste. Les possibilités que l’on entrevoit actuellement ne sont sûrement rien par rapport à ce que cela va devenir. Les perspectives que nous donne, par exemple, Avi Itzkovitch dans sa conférence « Designing with Sensors: Creating Adaptive Experiences » sont autant de nouveaux services que nos appareils pourront nous rendre – et je m’enthousiasme autant à cette idée que je me réjouis de mon utilisation actuelle de mon mobile. Mais n’est-ce pas autant de raisons de s’inquiéter de la compromission de la liberté individuelle, de la disparition de la vie privée ? Si certains s’en inquiètent, la réponse pour moi est la même que ci-dessus  : à nous d’être responsable de notre support, de vulgariser pour le “grand public”, de réfléchir et de se projeter pour être sûrs de ne pas créer un monstre.

Olivier Thereaux et Karl Dubost nous ont donné des premières pistes de réflexion avec « Esthétique et pratique du Web qui rouille » – à nous de les creuser.

Chaque utilisateur d’Internet doit être vigilant par rapport à ce qu’il met en ligne et à la manière dont il utilise ses applications. Mais c’est à nous – professionnels du web – de relayer ce message de vigilance sans dramatiser mais de vulgariser, donnant à chacun la possibilité de prendre position.

Liens

Ces quatre conférences ont motivé ce billet mais de nombreuses autres ressources vont pouvoir nous aider à cette prise de conscience et à la transmission.
Voici quelques éléments que je peux vous indiquer :

Remerciements

Merci aux orateurs que j’ai cités ci-dessus pour ce partage et merci aux auditeurs qui y ont ajouté leurs questions et leurs points de vue.
Merci à Paris-Web pour ces choix qui n’étaient pas si évidents ; merci vraiment !
Merci à Ekino qui m’a permis d’assister à ces journées de conférences.

Mes autres articles sur Paris Web 2013

De l’enthousiasme post-Paris Web

Cette année, c’était la première fois depuis 2008 que je venais à Paris Web en tant qu’auditrice. Avoir fait partie du staff et redevenir simple “consommateur” est une délectation (mais chut ! il ne faut pas que les staffeurs le sachent : je ne voudrais pas qu’ils aient envie de quitter l’équipe, ils sont trop bons).

En étant qu’auditrice, j’ai pu profiter des conférences et je me suis réjouie des choix faits pour le programme. J’ai particulièrement apprécié qu’il y ait des conférences nous faisant prendre du recul sur nos métiers et notre support.

J’ai également pu, enfin !, discuter aux pauses et profiter des gens. Je n’ai pas échangé longuement mais j’ai pu saluer plein de monde et discuter avec des gens que je ne connaissais pas – ce qui est aussi le but de tels événements. J’ai eu des retours intéressants sur ma conférence – auditeurs, vraiment, allez parler aux orateurs aux pauses, ils ne demandent que ça !

Photo Nazcange – CC by-NC-SA

Je reviens de Paris Web pleine de cette belle énergie que les gens s’insufflent les uns aux autres quand ils se réjouissent d’être là. Je reviens de Paris Web avec le constat, encore une fois, que nous aimons notre métier et, plus encore, que nous voulons le faire bien, même quand il faut se battre pas-à-pas pendant des années pour ce bien. Je reviens de Paris Web avec une prise de conscience toute personnelle ; je me sens plus mature et mieux préparée à transmettre. Je reviens de Paris Web avec le sentiment d’avoir reçu un cadeau et d’être plus riche, maintenant, de le transmettre.

Photo Nazcange – CC by-NC-SA

Je lis de-ça, de-là, des retours difficiles post-Paris Web. Pour avoir fait partie du staff je sais comme le retour peut être difficile. J’ai déjà eu des “baby blues” à couper au couteau. C’est douloureux et ingérable. Cette année, le staff a en plus dû gérer un nouveau lieu (et quel lieux !) avec son lot de difficultés. Une centaine d’auditeurs en plus que les autres années (une centaine d’heureux en plus ! merci le staff).
Bien heureusement, certains, je le sais, n’ont pas du tout été raisonnables ; c’est tant mieux. Et si leur Paris Web blues est accentué par ce manque de sommeil, réjouissez-vous : vous devez votre état au plaisir que vous avez su prendre et à l’investissement que vous avez su mettre. Et pis bon, je le sais très bien que si c’était à refaire vous le referiez.

Photo frphoto1 – CC by-SA

Alors oui, le retour au quotidien est souvent difficile – pour tous ; viennent parfois se greffer de mauvaises nouvelles dont on se serait bien passées, mais réjouissons-nous, tous : si certains sont dans un triste état, c’est du trop plein qu’ils ont reçus. Transmettez ce trop plein. Qu’il soit de connaissances, de tendresse, d’énergie, du plaisir de donner, etc.

Savourons le plaisir de ces deux ou trois jours en mettant en application, en testant, en transmettant. Faisons durer cette belle énergie reçue.

Photo frphoto1 – CC BY-SA

Poste de responsable qualité web

Le responsable qualité web (ou “gestionnaire de la qualité web” ou “manager de la qualité web”) a pour mission d’identifier et d’assurer le suivi qualité via des objectifs fixés en veillant à l’industrialisation, à l’innovation et à l’amélioration continue.
En plus des objectifs propres à chaque projet, il veille aux critères spécifiques au support web : interopérabilité, accessibilité, performance, etc. et vise une expérience utilisateur globale positive.
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Ses responsabilités :

  • s’assurer de la conformité par rapport aux attentes de qualité :
    • établir indicateurs et critères en fonction des objectifs (du projet / de la société)
    • rédiger et mettre à jour les spécifications techniques ou les spécifications autour des valeurs/niveaux de qualité souhaités
    • mettre en place les moyens d’atteindre les objectifs (outils, processus, accompagnement des équipes)
  • assurer l’amélioration continue :
    • des processus
    • des outils
    • via des itérations audit > analyse > plan d’action > audit
    • via une veille dense et restitution (veille en ligne, conférence, formation)
    • via l’identification de besoin en formation / en compétence et mise en place
  • animer la qualité et la montée en compétence
    • vulgarisation, évangélisation
    • animation autour de la qualité, dialogue entre les métiers, partage de connaissances
  • Participer à la visibilité de la société auprès de clients et collaborateurs potentiels
    • prises de paroles sur les sujets de la qualité en tant que Responsable qualité web de la société
    • organisations d’événements au nom de sa société
    • rédaction d’articles sur un blog de société

Son périmètre :

Le responsable qualité web intervient de bout en bout des projets : de la conception à la maintenance en passant par le développement.
Il dialogue avec les différents métiers pour prendre en compte les contraintes et les objectifs propres : graphisme, ergonomie, référencement, intégration, développement, e-marketing, rédaction, …
Il ne se substitue pas à l’expert mais doit pouvoir comprendre et dialoguer avec chacun.

Ses besoins :

  • Travailler en parallèle des projets et de la production
  • Amélioration continue via la veille et la formation permanente (veille, conférences, formation) pour être à jour et participer à l’innovation
  • Interactions permanentes et échanges avec les métiers
  • Outils de tests, d’automatisation, de reporting, d’alerte…

Son rattachement doit lui permettre d’avoir la légitimité à intervenir auprès des équipes.

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